A propos de l'agression de l'impérialisme japonais contre la Chine
Le 11 août, quand elle a eu lieu notre réunion, on ne voyait pas encore clairement le degré d'acuité que prendrait le conflit entre la Chine et le Japon. Maintenant, ce conflit s'est transformé en guerre ouverte, bien qu'il soit encore difficile de prédire, d'ici au moins, si les opérations militaires prendront fin sur une sorte de compromis ou si au contraire elles se développeront en une grande guerre.
En tout cas, la question des organisations « antijaponaises » indépendantes prend une signification plus immédiate qu'il y a quelques semaines. Pourtant, maintenant également, il me semble que nos adhérents ne peuvent pas prendre sur eux l'initiative de former des organisations « anti-japonaises » sans définir plus précisément leurs objectifs. Il me semble qu'il serait beaucoup plus juste de créer des organisations « de guerre » sur
une base de classe, pour réaliser le travail que réaliseraient les syndicats dans une situation semblable. Par exemple, si, dans une usine donnée, quelques ouvriers s'en vont à la guerre, il faudrait organiser un groupe pour garder la liaison avec eux, rendre à eux
et à leurs familles des services matériels et moraux. Il faut faire le même travail dans les villages, en essayant d'organiser un centre ouvrier spécial pour cet objectif à la ville. De telles unions d'ouvriers et de paysans pour aider ceux qui vont au front
peuvent et doivent insister devant les organisations politiques bourgeoises et le gouvernement sur le fait qu'elles aident les familles des soldats révolutionnaires, etc.
Ce serait une erreur de croire que la guerre paralyserait d'un coup la renaissance économique du pays. Au contraire, il y a toutes raisons de penser que la guerre va produire une renaissance fiévreuse de l'industrie...
3 septembre 1937

Chen Duxiu fondateur de la IVème Internationale en Chine.