Oeuvres Trorsky Présentation des volumes
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Pierre Broué au temps des journées d'études de l'OCI sur l'histoire du mouvement ouvrier...

 



 

 

 

 

Volume I

(Janvier - Juillet 1928)

Ce volume ouvre la seconde série des Œuvres de Trotsky commençant en 1928, au lendemain de son exclusion et avec sa « déportation » et son exil à Alma-Ata. Comme les ouvrages de la première série à partir du volume 8, elle repose essentiellement sur la documentation de la Houghton Library de l’Université de Harvard, les Papiers d’Exil de Trotsky, accessibles depuis le 2 janvier 1980. Nous n’avons pas systématiquement indiqué les textes que nous n’avons pas cru pouvoir retenir et devons regretter l’absence de certaines copies et le caractère incomplet, voire peu ou pas lisible d’autres. Les textes traduits ou revus pour ce volume l’ont été par Isabelle Lombard et Katia Péresse, du russe. Pierre Broué a dactylographié le manuscrit, écrit présentation et notes, corrigé les épreuves et fabriqué les index avec Damien Durand. Les tâches techniques ont été réalisées par Pierre Saccoman. Le caractère très particulier de ce volume ne comprenant que des textes rédigés à Alma-Ata explique que nous n’ayons malheureusement pas eu recours à la collaboration internationale dont nous avons bénéficié pour la première série.


Volume II

(Août 1928 - Février 1929)

Ce volume est le deuxième de la seconde série des Œuvres de Trotsky commençant en 1928, au lendemain de son exclusion et avec sa« déportation» et son exil à Alma-Ata. Comme les ouvrages de la première série à partir du volume 8, il repose essentiellement sur la documentation de la Houghton Library de l'Université de Harvard, les Papiers d'Exil de Trotsky, accessibles depuis le 2 janvier 1980. Nous n'avons pas systématiquement indiqué les textes que nous n'avons pas cru pouvoir retenir et devons regretter l'absence de certaines copies et le caractère incomplet, voire peu ou pas lisible d'autres. Les textes traduits ou revus pour ce volume l'ont été par Isabelle Lombard et Katia Péresse, du russe. Pierre Broué a dactylographié le manuscrit, écrit présentation et notes, corrigé les épreuves. Damien Durand a fait les index. Les tâches techniques ont été réalisées par Pierre Saccoman. Le caractère très particulier des deux premiers volumes de cette série, ne comprenant que des textes rédigés à Alma-Ata, explique que nous n'ayons malheureusement pas eu recours à la collaboration internationale dont nous avons bénéficié pour la première série.

Volume III

(Février - Mai 1929)

 

Ce volume appartient à la deuxième série des Œuvres de Trotsky commençant en 1928, au lendemain de son exclusion avec sa « déportation » et son exil à Alma-Ata. Il est le premier volume du dernier exil, hors de l'Union soviétique.

Comme les ouvrages de la première série à partir du volume 8, il repose essentiellement sur la documentation de la Houghton Library de l'Université de Harvard, les Papiers d'exil de Trotsky accessibles depuis le 2 janvier 1980. Nous n'avons pas systématiquement indiqué les textes que nous n'avons pas cru devoir retenir et devons regretter l'absence de certaines copies et le caractère incomplet, voire peu ou pas lisible d'autres. Les textes traduits ou revus pour ce volume l'ont été par Isabelle Lombard et Katia Péresse, du russe. Pierre Broué a dactylographié le manuscrit, écrit présentation et notes, corrigé les épreuves et fabriqué les index. Il a été aidé par Pierre Saccoman.

Nous nous sommes entretenus de cette période avec Raymond Molinier et Pierre Naville et avons interviewé à plusieurs reprises à Paris le regretté Maurice Paz. Jean van Heijenoort nous a également rapporté ce qu'on lui avait confié de cette période dans la maison Trostky.

 

Volume 1

(Mars /Juillet 1933)

Cet ouvrage inaugure la publication systématique et chronologique des Œuvres de Léon Trotsky… Commencer cet ensemble par 1933 permet d’aborder ces Œuvres par la période la plus proche de nous, tant par les dates que par les questions posées : ces années sont en effet celles de la construction de la IVème Internationale. Plus particulièrement, en 1933, inauguré par l’arrivée au pouvoir de Hitler et l’écrasement de la classe ouvrière allemande, les conséquences de la politique stalinienne convaincront définitivement Trotsky et l’Opposition de gauche d’abandonner tout espoir de redresser le cours de l’internationale communiste. 1933 restera l’une de ces années qui marquèrent l’histoire de l’humanité.

Ce livre s’ouvre sur un texte du 12 mars, affirmant la nécessité d’un nouveau parti communiste en Allemagne : quarante jours après l’avènement de Hitler, Trotsky tirait la première leçon de la défaite sans combat du prolétariat allemand et le la faillite de son parti communiste. Quatre mois après, le 15 juillet, devant le comportement inchangé des P.C. et de I.C. face à la répression nazie, Trotsky affirmait la nécessité d’une nouvelle Internationale.
Si la construction de la IVème Internationale est, dès ce moment, au centre de l’activité de Trotsky en tant que tâche fondamentale de notre époque, les autres thèmes essentiels pour la lutte du mouvement ouvrier apparaissent dans ces textes qui permettront de découvrir un Trotsky exceptionnellement attentif à la vie sous toutes ses formes, et capable d’appréhender avec lucidité toute situation politique.

 


Volume 2

(Juillet/Octobre 1933)

 

Ce second volume de la série 1933-1940 des Œuvres de Léon Trotsky couvre une période qui s’étend des derniers jours de juillet aux premiers jours d’octobre 1933, et correspond à la première partie de son séjour en France, à Saint-Palais près de Royan.

Malgré une santé déficiente, l’exilé a enfin la possibilité d’intervenir directement dans l’action politique, autrement que par sa plume, et sa maison abrite bien des débats politiques, pas seulement avec ses propres camarades de tendance.

C’est dans les derniers jours de son séjour à Prinkipo que Trotsky a achevé le tournant commencé en mars, après la catastrophe allemande : il s’agit pour lui désormais non plus seulement de construire en Allemagne un nouveau parti communiste, mais de construire une nouvelle Internationale. La tenue à Paris au mois d’août d’une conférence internationale des organisations socialistes de gauche offre une occasion de réunir sur la perspective de la nouvelle Internationale des partis et groupes qui ont rompu avec les vieilles Internationales et qui peuvent être dans ce nouveau combat les alliés de l’Opposition de gauche internationale. La « déclaration des quatre » sur la nécessité et les principes de la nouvelle Internationale constitue à ses yeux un pas en avant important sur cette voie.

Ici encore, lettres et articles, dont de nombreux inédits, complétés par quelques procès-verbaux de discussion, permettent de suivre le développement dans l’action d’une pensée qui recherche les voies concrètes de son application : en octobre, le grand tournant est achevé puisque Trotsky s’est prononcé également pour un nouveau parti bolchevique en U.R.S.S. même et sur la nécessité d’une révolution politique pour abattre la domination de la bureaucratie stalinienne.


Volume 3

(Novembre 1933/Avril 1934)

Au début de novembre 1933, Trotsky vient s’installer incognito à Barbizon avec sa petite suite. Pour la première fois depuis longtemps, il dispose d’une relative liberté de mouvement et d’action clandestine. Il poursuit le combat entamé pour la construction de la IVe Internationale, avec les organisations qui ont signé la « déclaration des quatre » en août 1933 et tiennent, le 30 décembre, près du jardin du Luxembourg, une préconférence secrète. Il achève d’analyser les implications du tournant de 1933 et définit les tâches de la révolution politique en U.R.S.S. La montée des masses et leur aspiration à l’unité de front des partis ouvriers, qui se traduit notamment à la grande manifestation du 12 février, ouvre à la classe ouvrière française des perspectives nouvelles à travers le début de la crise des organisations traditionnelles, parti socialiste et parti communiste, et les réels progrès de la Ligue communiste et des jeunesses léninistes. Mais la bourgeoisie française ne peut plus dès lors assumer le risque de la présence, dans de telles conditions, du révolutionnaire russe sur son territoire. Elle saisit le premier prétexte pour l’expulser. Pour Trotsky, le monde est désormais la « planète sans visa ».


Volume 4

(Avril-Décembre 1934)

Expulsé de France le 17 avril 1934, Trotsky, qui n’obtient de visa d’aucun gouvernement, erre de refuge en refuge pour s’installer enfin, le 10 juillet, à Domène, près de Grenoble, chez un instituteur, mais aussi sous « surveillance spéciale ». Dans ces conditions désormais difficiles, il s’efforce de convaincre ses camarades français d’opérer un nouveau tournant et de pratiquer « l’entrisme » dans la S.F.I.O. Puis il doit faire face aux conséquences de la crise déclenchée dans son organisation internationale par le « tournant français ». Avec l’assassinat de Serge Kirov, le 1er décembre 1934, commence pour lui la période de la lutte contre les « amalgames », la répression de masse en U.R.S.S. où Staline s’efforce d’exterminer les militants de l’opposition de gauche et toute opposition virtuelle.


Volume 5

(Janvier -Juin 1935)

Expulsé de France, mais placé sous « surveillance spéciale » à Domène dans l’Isère, Trotsky poursuit son évaluation des conséquences de l’assassinat de Kirov en décembre 1934 et propose vraiment une organisation sérieuse de défense des révolutionnaires d’Union soviétique. La naissance en Hollande et aux USA de deux partis constitués par des fusions de sections de la LCI et d’organisations centristes en pleine évolution, le WPUS et le RSAP, lui permet de relancer le combat pour la IVème Internationale sous la forme de la Lettre ouverte et de la campagne pour sa signature. La politique « entriste » remporte ses premiers succès en France et Trotsky commence à envisager la « sortie » rendue nécessaire par la montée du mouvement des masses. L’avènement en Norvège d’un gouvernement socialiste lui permet enfin d’obtenir un visa pour ce pays, où il arrive le 18 juin 1935.


Volume 6

(Juin-Septembre 1935)

Le volume 6 des Œuvres couvre les trois premiers mois du séjour de Trotsky en Norvège, à Honefoss, chez le journaliste socialiste K. Knudsen. Le visa norvégien a été obtenu à la dernière minute, non sans difficultés et Trotsky sait que cet asile est précaire. Aussi va-t-il s’efforcer d’observer la plus grande prudence et d’éviter toute accusation « d’ingérence » dans la vie politique de ce pays qui lui a accordé l’asile. C’est toujours la construction de la IVe Internationale qui est au centre de son activité, après la publication de son « Manifeste », la « lettre ouverte » signée par cinq organisations. Tel est le sens de sa correspondance avec ses camarades américains et polonais concernant une éventuelle « entrée » dans les partis socialistes, avec ses camarades français qu’il s’efforce de persuader que le moment est venu pour eux de sortir. Les progrès sont évidents : la direction du nouveau parti hollandais est gagnée, celle de la tendance de gauche du parti ouvrier belge est près de l’être.

Le déroulement et les « décisions » du VIIe congrès de l’internationale communiste confirment pour lui le tournant de la politique stalinienne tel qu’il s’est jusque-là exprimé en France avec la politique de Front populaire : l’internationale communiste est politiquement morte pour la révolution. Mais les informations reçues d’Union soviétique, le style des attaques et des menaces proférées contre les communistes internationalistes le convainquent de la détermination des dirigeants de la bureaucratie de combattre ouvertement contre la révolution. Il appelle à la solidarité avec les internationalistes et les révolutionnaires emprisonnés. Le séjour norvégien, calme, interrompu seulement par quelques visites politiques, commence pour lui par d’importants ennuis de santé : fin septembre, il est hospitalisé.


Volume 7

(Octobre-Décembre 1935)

Inaugurée par une hospitalisation prolongée qui lui permet de commencer la rédaction de la Révolution trahie, cette deuxième période norvégienne sera semée d’épreuves pour Trotsky, par ailleurs assailli de tracasseries domestiques et locales. Sur la situation en U. R. S. S., il reçoit des rapports précis qui lui montrent que la bureaucratie stalinienne est prête à porter un coup décisif et mortel à l’Opposition. D’ailleurs, il perçoit les échos des discussions sur la politique de Front populaire et il suit pas à pas l’évolution des crises que traversent diverses sections de l’Opposition : En Hollande où une minorité scissionne sur des positions « centristes », en France où la crise éclate avec la création par Frank et Molinier de La Commune, organe des G. A. R., en Espagne avec la naissance du P. O. U. M., au Brésil où la réaction élimine totalement la section... Malgré des visites importantes qui lui apportent quelques nouvelles plus réconfortantes de Grande-Bretagne, du Canada, de France où l’évolution de la jeunesse socialiste lui procure une grande joie et lui rend son optimisme, l’exilé est épuisé par les luttes fractionnelles, notamment celles de la section française, au point de solliciter — fait sans précédent — un congé politique...


Volume 8

(Janvier-Février 1936)

Les deux premiers mois de 1936 dans son asile norvégien sont avant tout deux mois d’un travail acharné sur l’Union soviétique et ses perspectives, quelques pages qui sont en train de devenir un gros livre. Les informations d’Union soviétique lui révèlent à la fois l’importance du courant d’idées qui se réclame de lui — et que Staline fait exclure du parti — et l’ampleur d’une répression qui n’a pas encore revêtu toute sa force à laquelle il faut déjà se préparer. Le « congé politique » se termine et il faut de nouveau s’occuper des sections. La question de l’entrée des trotskystes américains dans le parti socialiste, la division de la section américaine, les risques de scission, lui prennent bien du temps. La crise surmontée — les Américains entrés en bloc, sans défection ni scission, dans le P. S. —, ses premières conséquences apparaissent dans la tension avec les Hollandais. Il faut aussi combattre la pression de la politique du Front populaire à laquelle les anciens bolcheviks-léninistes espagnols viennent de se rallier dans le P. O. U. M., secouer la section française aveuglée par ses luttes de fraction, mettre les Belges en garde contre l’opportunisme. La période se termine par un nouveau séjour à l’hôpital.


Volume 9

(Mars-Mai 1936)

Dans son asile norvégien de Honefoss après quelques semaines à l’hôpital d’Oslo, Trotsky poursuit son grand travail sur l’U.R.S.S. qui deviendra La Révolution trahie. Il s’efforce de conseiller ses camarades américains qui ont décidé d’entrer dans le parti socialiste et ses camarades belges qui doivent sortir du parti ouvrier où ils étaient entrés en 1935. Les difficultés grandissent dans son propre mouvement : avec les Hollandais du R.S.A.P., mécontents de l’initiative des Américains, avec la section française et le secrétariat international. La perspective de la tenue d’une conférence internationale permet d’espérer un règlement politique. En U.R.S.S. les exclusions massives de prétendus « trotskystes », les nouvelles apportées par Victor Serge sur le noyau bolchevik-léniniste qui tient bon, confirment Trotsky dans son espoir d’une remontée du prolétariat d’Union soviétique. Or en ce mois de juin 1936, c’est toute l’Europe qui semble secouée par une nouvelle montée ouvrière...


Volume 10

(Juin-Juillet 1936)

Réfugié en Norvège, dans le village de Honefoss, Trotsky se préparait à passer deux mois de juin et juillet exceptionnellement studieux puisqu’il devait achever le livre qui s’était imposé à lui par surprise, un livre sur l’URSS que son éditeur allait appeler la Révolution trahie, et qu’il devait de surcroît assurer la majeure partie du travail de préparation des textes politiques qui devaient être soumis à la fin de juillet à la conférence de la IVe Internationale. Mais c’est au mois de juin que s’épanouit le vaste mouvement de grève de la classe ouvrière française, cette explosion printanière qui le conduit à écrire que « la révolution française a commencé ». C’est en juillet qu’en riposte au coup d’Etat militaire dirigé par le général Franco, éclate la révolution espagnole. Trotsky rédige alors pour la conférence les thèses sur « la nouvelle montée révolutionnaire » qui caractérisent la nouvelle période. Dans le même temps il demande à la conférence de lancer un appel à l’opinion et aux travailleurs du monde en défense des révolutionnaires persécutés par Staline, car il pressent le crime qui se prépare à Moscou.


Volume 11

(Août-Décembre 1936)

La Révolution trahie terminée, Trotsky se prépare à des vacances norvégiennes bien méritées. En réalité, c’est pour lui l’enfer qui commence avec d’abord la tentative de cambriolage de sa maison par les nazis, ensuite la nouvelle du procès de Moscou où les compagnons de Lénine, dociles à un ancien menchevik devenu procureur, « avouent » les pires crimes et vitupèrent Trotsky... Il n’aura pas les moyens d’organiser la défense des accusés et du même coup celle de Sedov. Sous la pression du gouvernement de l’URSS, le gouvernement socialiste de Norvège le prive de tout moyen de défense en l’internant dans l’isolement et sans moyens de communication. C’est son fils Léon Sedov qui va rédiger le Livre rouge qui ne laisse pas debout une seule pierre de l’édifice stalinien. Trotsky l’aide de son mieux par des notes ou des mémorandums écrits à l’encre sympathique qu’il tente de lui faire parvenir par-dessus la tête de ses geôliers. Il est cependant désespérément coupé du monde. C’est dans cette situation qu’apparaît la solution mexicaine : le général Cardenas, président de la République, accorde à Trotsky et Natalia l’asile dans son pays. Tous deux s’embarquent sur un pétrolier...


Volume 12

(Décembre 1936-Février 1937)

 

Sur le pétrolier qui t’emporte vers le Mexique, Trotsky a repris goût au travail et commence le livre qui deviendra les Crimes de Staline. L’accueil au Mexique le surprend agréablement par sa chaleur, mais la trêve est de courte durée car on annonce bientôt un nouveau procès, celui de Radek, Piatakov et autres. Cette fois, Trotsky peut se battre et il se bat bien, répondant au jour le jour, démontant les aveux de Piatakov, discréditant l’accusation dans des articles bien accueillis dans la presse mexicaine et même mondiale. La sentence est exécutée à la hâte, mais Trotsky, battant le fer quand il est chaud, presse ses amis américains pour qu’ils mettent sur pied le plus vite possible la commission d’enquête sur les procès de Moscou qui doit être l’axe du combat immédiat. Il demande à tous ses amis et partisans dans le monde de subordonner leur activité à celle du « comité de New-York ». La bataille pour le contre-procès commence.


Volume 13

(Mars-Avril 1937)

Trotsky vient à peine de sortir de sa prison norvégienne et de s’installer au Mexique que commence le second procès de Moscou, rondement mené et dont les sentences de mort sont immédiatement exécutées. Toute son activité, pendant ces deux mois de mars et avril 1937 est tournée vers la démolition de ce qu’il appelle « les impostures de Moscou », la démolition de l’édifice des mensonges bâti par les hommes aux ordres de Staline, le début de la guérison de la monstrueuse maladie vénérienne qui affecte, à travers le stalinisme, le mouvement ouvrier international. Concrètement, cela signifie la lutte pour la mise sur pied d’une commission d’enquête, puis la préparation de cette contre-enquête. La bataille du contre-procès commence : elle n’était pas gagnée d’avance.


Volume 14

(Mai-Septembre 1937)

Après la tenue, à Coyoacân, de la session de la sous-commission d’enquête de la commission Dewey, Trotsky ne doute pas de ce que sera le verdict final de la commission plénière. Mais les pièces s’accumulent rapidement dans le dossier des « crimes de Staline » : l’Armée rouge est décapitée, la régression en Espagne contre les ouvriers révolutionnaires de Barcelone porte la griffe du GPU comme le meurtre d’Andrés Nin et de bien d’autres. Trotsky a rattrapé le retard d’information qu’il avait accumulé pendant sa détention norvégienne. Il peut maintenant reprendre la polémique avec Vereeken sur l’Espagne, mais aussi avec ses camarades américains, à qui il reproche de s’être par trop « adaptés » au Parti socialiste. Bientôt, il est forcé d’apparaître publiquement au Mexique pour dénoncer celui qui est la cheville ouvrière de la campagne de Staline contre lui dans son pays d’asile, Vicente Lombardo Toledano, secrétaire général de la centrale syndicale « officielle », la Confederaciôn de trabajadores de México (CTM).


Volume 15

(Septembre-Décembre 1937)

Au terme de la commission d’enquête Dewey, Sedov sort innocenté des crimes que lui impute le satrape de Moscou. En revanche les crimes du stalinisme continuent en Europe : Andrès Nin et Kurt Landau sont enlevés et assassinés en Espagne. L’ancien agent du Komintern Ignace Reiss rompt avec le stalinisme et rejoint la IVème Internationale : il est tué en Suisse. Il est évident qu’un agent de Staline est infiltré dans l’organisation internationale. Les soupçons se portent sur Etienne (Zborowki). La sortie des trotskystes américains du PS est bénéfique à l’organisation. C’est la naissance du SWP (Socialist Wörker Party). Trotsky revient à plusieurs reprises sur la guerre sino-japonaise et explique
inlassablement que le prolétariat international doit se ranger aux côtés de la Chine opprimée — même si elle est pour l’instant dirigée par le bourreau Tchiang Kai-chek contre l’agression du Japon impérialiste. Commence dans l’internationale, à partir d’une opposition ultra-gauche dans le SWP, la discussion sur la nature de l’URSS. (Résumé R Duguet)


Volume 16

(Janvier-Mars 1938)

Trotsky sait combien la guerre est proche. Staline accélère la liquidation impitoyable de toute la génération d’Octobre 1917. Les méthodes de tortures physiques et morales sont employées pour obtenir les aveux. C’est Rakovsky, son meilleur ami, qui renonce à continuer de se battre et capitule. En Europe une opposition dans l’extrême gauche avance que le bolchévisme n’est que la continuité du stalinisme. La question de Cronstadt resurgit au moment où la CNT et la FAI espagnole adhèrent au Front Populaire espagnol. Trotsky écrit Leur Morale et la nôtre. Le bilan de la Commission Dewey aux Etats Unis, où l’influence du stalinisme est moindre par rapport à l’Europe, permet d’occuper une surface importante dans le combat pour les libertés et influence la gauche intellectuelle américaine. En Tchécoslovaquie des éléments nouveaux dans l’opposition au stalinisme se rapprochent de la IVème Internationale. Il faut préparer une conférence internationale qui sera la dernière avant la guerre, dans une période où Trotsky doit affronter dans les sections les dérives vers le centrisme, notamment à propos du POUM. Entré dans une clinique parisienne pour une intervention bénigne, Léon Sedov est assassiné par le GPU. Douleur terrible pour Natalia et Léon, mais aussi perte irréparable pour le travail international. (Résumé R Duguet)


Volume 17

(Mars-Juin 1938)

C’est dans le contexte du deuil de Sedov que les trois principaux dirigeants du SWP se rendent à Coyoacan pour préparer la tenue d’une conférence mondiale de la IVème Internationale. Difficultés avec la section mexicaine qui est en conflit avec les américains. Cela se déroule sur fond de tentative de coup d’Etat manqué du général Cedillo, soutenu par l’impérialisme américain, contre Cardenas qui avait nationalisé l’industrie pétrolière. C’est un soulagement pour Trotsky et son organisation, qui s’inscrit en soutien du président mexicain, et dans une lettre privée lui expose que le dirigeant du syndicat ouvrier, Lombardo Toledano, est au service du GPU et de Staline. Tandis qu’à Vorkouta les mitrailleuses exécutent tous les jours pendant deux mois les 1500 survivants trotskystes, des juges staliniens en Espagne condamnent pour meurtre les trotskystes Munis et Carlini. A Paris les dirigeants de la SFIO se décident à exclure les responsables de la fédération de la Seine pivertiste. C’est la conférence de la IVème Internationale qui va occuper toute l’attention de Trotsky. En direction de ses amis américains il défend la perspective d’un Labor Party dont il pense que le SWP devrait défendre le principe. C’est au début mai qu’André Breton arrive au Mexique pour le rencontrer: est élaboré le célèbre Manifeste pour art révolutionnaire indépendant et le projet de construction d’un FIARI (Fédération Internationale pour un Art Révolutionnaire indépendant). (Résumé R Duguet)


Volume 18

(Juin-Septembre 1938)

L’été 1938 s’accumulent les nuages qui annoncent la guerre. A Paris est né le PSOP de Pivert. Les tueurs du Guépéou réussissent à enlever l’allemand Rudolf Klément, principal organisateur de conférence internationale. Les policiers de Staline inventent une lettre de Klément, rompant avec Trotsky, et faisant passer ce dernier pour un agent de la Gestapo. On retrouvera le cadavre de Klément dans la Seine. Toledano par les organes de presse qu’il contrôle, commence une campagne d’intoxication préparant l’assassinat. Le travail sur l’art et la littérature continue avec André Breton et Diego Rivera. Objectif réalisé : la conférence de la IVe Internationale qui consacre enfin sa naissances officielle se tient avant l’explosion de la guerre mondiale. Si les problèmes sont aplanis avec les sections du nord de l’Europe, Trotsky ne parvient pas à régler à unifier la section française en raison de l’activité de l’aventurier Raymond Molinier. (Résumé R Duguet)


Volume 19

(Octobre-Décembre 1938)

Les accords de Munich du 30 septembre 1938 traduisent pour Trotsky la marche vers la guerre. S’impose une nouvelle fois la question française : la montée révolutionnaire de 1936 n’a pas trouvé de débouché politique. La question de l’entrisme se trouve à nouveau posée par l’existence du PSOP, le POI ne suffira pas à travailler sur un débouché politique à 1936. Malgré les réticences dans les rangs du POI, Trotsky s’appuie sur l’autorité de Cannon qui prend le bateau pour venir à Paris, afin d’imposer l’entrée dans le PSOP. Il suit avec attention la politique du SWP, tirée en arrière par la génération des années « pacifiques » et défend l’indépendance de l’organisation de jeunesse. Il pousse à l’organisation de la lutte antifasciste et s’appuie sur le noir CLR James, organisateur des travailleurs de couleur. La fondation de la revue Clave lui donne la possibilité, sous la signature de Diego Rivera, de faire connaitre sa politique dans toute l’Amérique latine. Il doit se battre en plus pour récupérer son petit-fils Sieva. Il reçoit une information anonyme, en fait d’un fonctionnaire du GPU, qui désigne Etienne (Zborowski) comme un agent stalinien chargé d’être aux côtés de son fils Sedov et qui contribuera donc à la préparation de son assassinat. La lettre étant anonyme, il ne lui accordera pas foi sur parole. (Résumé R Duguet)


Volume 20

(Janvier-Mars 1939)

Début 1939 Trotsky reçoit une nouvelle lettre d’un guépéoutiste en rupture désignant Zborowski comme agent de Staline : il transmet à la section française, qui n’a rien fait. C’est aussi la rupture avec Diego Rivera qui se lance dans de nouvelles aventures politiques. Trotsky ne parvient pas à l’approche de la guerre à faire venir au Mexique les militants tchécoslovaques ainsi que le dirigeant chinois Chen Duxiu. Il insiste dans la question française pour l’entrée dans le PSOP de Pivert. Les milieux intellectuels américains prennent des distances : il faut donc engager un travail pour la défense du marxisme, et ce malgré les faiblesses programmatiques du SWP. La défaite espagnole a fini par se produire. Lors de la tenue du 18e congrès du PCUS il perçoit le tournant en gestation qui aboutira plus tard au pacte Hitler-Staline. (Résumé R Duguet)


Volume 21

(Avril-Septembre 1939)

En avril 1939, c’est l’arrivée du militant des Antilles CLR James et l’orientation vers une politique pour gagner au socialisme la couche la plus opprimée de la classe ouvrière de couleur du pays le plus avancé. Il faut des formes transitoires vers le parti révolutionnaire et la nécessité du mot d’ordre du Labor Party revient dans la discussion. La bureaucratie stalinienne s’oriente vers le pacte, et s’il n’a pas été signé plus tôt c’était en raison des réticences de Hitler. Trotsky apprend qu’une organisation se réclamant de la IVème Internationale s’est constituée en Inde. Sa « lettre ouverte » aux travailleurs de ce pays débouchera sur la constitution en pleine guerre du parti bolchévik-léniniste de l’Inde. De même les trotskystes Ta Tu Thau et Tran Van Thach sont élus au Conseil colonial de Cochinchine. Au Mexique la rupture avec Diego Rivera implique de quitter la Maison bleue. Les difficultés de communiquer avec la section américaine l’empêche de voir assez tôt la crise sur la nature de l’URSS qui s’y développe. L’étau se resserre : le PCM présente le héros du jour, le peintre Siqueiros, qui sera l’auteur d’un attentat à la mitraillette manqué, tandis que Ramon Mercader traverse l’Atlantique pour aller retrouver la jeune militante Sylvia, qu’il a séduite, et qui a ses entrées dans la maison de Coyoacan. (Résumé R Duguet)


Volume 22

(Septembre-Décembre 1939)

Il est sincèrement étonné que ses amis du SWP mettent maintenant à l’ordre du jour la discussion sur la nature de l’URSS, au moment du pacte, alors qu’ils ne l’avaient pas fait précédemment. La polémique intervient en fait contre la direction et les méthodes de Cannon. En 1935 une opposition s’était constituée autour de Burnham. Shachtman aujourd’hui le rejoint à la tête de l’opposition. Il s’appuie sur une génération de jeunes militants gagnés précédemment dans la politique entriste mais qui ne sont pas gagnés au marxisme. Trotsky veut éviter à tout prix une orientation de type scissionniste. Dans le contexte de la guerre les pressions sociales s’expriment fortement, en particulier la difficulté que rencontre Trotsky à utiliser les médias de l’époque pour desserrer l’influence du stalinisme sur les milieux intellectuels. Il accepte la proposition de témoigner devant la commission Dies des Etats Unis, ce qui entraine des contestations dans l’Internationale. Finalement Dies annule l’invitation, ce dernier ne voulant pas laisser Trotsky exprimer librement son analyse du stalinisme. Le débat avec la minorité du SWP l’amène à consacrer des dizaines de pages à la question de la dialectique et de la défense du marxisme. (Résumé R Duguet)


Volume 23

Janvier-Mai 1940)

 

L’entrée en guerre ne fait pas douter Trotsky un seul instant que, lorsqu’elle se terminera, s’ouvrira une période de montées révolutionnaires. Cette guerre a explosé au creux d’une situation où le prolétariat allemand a été défait sans combat en 1933, puis l’Espagne. Les craquements dans le SWP sont le produit de cette pression de l’opinion petite-bourgeoise sur l’organisation. Il démontre patiemment que cette opposition tourne le dos à l’ensembles des acquis théoriques et pratiques du SWP et de l’Internationale. La minorité réclame d’avoir sa propre presse, ce que la majorité ne peut leur consentir.  Ils sont suspendus et crée New International, puis constituent le Wörker Party. Dans les premières semaines de mai 1940, Trotsky a mis la main au grand texte qui sera son dernier texte programmatique en rédigeant un Manifeste qu’il souhaite voir adopter par la conférence de la IVe Internationale qui se tient à New York. (Résumé R Duguet)


Volume 24

(Juin-Août 1940)

Depuis le début de la guerre Trotsky a été accaparé par la discussion au sein du SWP et la crise qui le traverse. Avec la scission il revient à la rédaction du Manifeste de la IVème Internationale. C’est l’offensive allemande de mai 1940 en France et en Belgique, aux Pays-Bas, la débâcle et l’exode, l’armistice et l’avènement du régime de Pétain. Trotsky pressent les révoltes de masse contre la double oppression nationale et sociale, et donc le mûrissement pour la révolution prolétarienne qui incube en Europe. Il donne au régime hitlérien de l’Europe brune un maximum de dix années de durée et affirme sa certitude que les Etats-Unis, comme l’Union soviétique, vont être prochainement entraînés dans le conflit mondial. Le prolétariat sera par la force des choses militarisé. Trotsky défend la PMP (Politique Militaire Prolétarienne). Dans la lutte pour abattre les fascismes le prolétariat doit exiger des armes, avoir des officiers issus des syndicats en qui il a confiance. A Mexico les provocations se multiplient contre lui, c’est l’attentat du 24 mai dans lequel il échappe miraculeusement au mitraillage. Aidée par l’analyse qu’en fait Trotsky, l’enquête conclut à l’implication du peintre membre du PCM Siqueiros. Ramon Mercader vient de s’infiltrer dans son environnement. Lors de leur visite à la mi-juin, les dirigeants du SWP sont interloqués par les positions que développe Trotsky contre le pacifisme et pour la PMP. Après avoir terminé le Manifeste, il n’aura pas le temps de rédiger le grand article qui aurait permis de faire comprendre la politique à tenir dans la seconde guerre mondiale. Il ne s’agissait pas de répéter Lénine de 1914 mais de le continuer dans les conditions nouvelles. La veille de l’assassinat il rédigeait des notes qui sont restées inachevées sur le bonapartisme et le fascisme. Il est frappé par Mercader le 21 août et meurt le lendemain. (Résumé R Duguet)