Pierre Broué, articles publiés de 1979 à 2002

"Ceux qui ne peuvent rien apprendre de l'Histoire sont voués à la répéter"

"[le travail de l'historien]ce sont de longues heures de travail, souvent de nuit, dans une lutte contre le sommeil et le conservatisme de la pensée. Le travail épuisant, mais qui apporte de si belles récompenses ! La plus belle : trouver une clé, une arme imparable pour dénoncer un mensonge, démentir une calomnie, restaurer le vrai visage d’une militante ou d’un militant. Cette recherche m’a donné des joies immenses."

Pierre Broué, Lettre à Carolina, juin 2001.


(Le texte en italique est de Pierre Broué, le reste de Robert Duguet)


01 : Quelques proches collaborateurs de Trotsky


La publication récente des mémoires de Jean van Heijenoort [ Jean Van Heijenoort, De Prinkipo à Coyoacan. Sept ans auprès de Trotsky, Paris, Lettres nouvelles, M. Nadeau, 1978.] a fait connaître à un large public — comme sans doute à nombre de ceux qui s'intéressent à Trotsky et à l'histoire du « trotskysme » — ce jeune mathématicien français qui joua de 1932 à 1939 le rôle obscur de secrétaire-garde du corps et collaborateur de confiance de l'exilé. Mais elle a en outre le mérite d'attirer l'attention sur le fait que Trotsky, même dans la période la plus difficile de sa vie, ne fut jamais vraiment seul, et qu'il suscita toujours parmi les jeunes militants le dévouement d'hommes et femmes de valeur qui décidèrent tout simplement de consacrer au « Vieux » et à son combat politique ce qu'ils avaient de meilleur. Elle nous procure enfin un certain nombre d'informations précises sur quelques-uns des collaborateurs proches de Trotsky jusque-là mal connus…



02 : Procès d'américains à Moscou ou procès de Moscou à New York ? L'affaire Robinson-Rubens (1937).

Passée pratiquement inaperçue en Europe, l'affaire qu'on appela « Robinson-Rubens », de deux des faux noms du mystérieux personnage qui fut l'un de ses principaux protagonistes, a eu en revanche un grand retentissement aux Etats-Unis. Elle a incontestablement sa place dans ce numéro spécial sur « Les procès de Moscou dans le monde », soit que, dans le cas le plus simple et, si l'on ose dire, le plus bénin, il se soit agi de la simple suppression par le G. P. U. de certains de ses agents aux Etats-Unis, soit que, comme l'ont pensé à l'époque Herbert Solow, Carlo Tresca et avec eux les trotskystes américains, elle ait constitué la partie visible d'un amalgame de plus grande envergure destiné à compromettre par des aveux de prétendus « espions » et « saboteurs » le travail de la commission Dewey et à étayer par conséquent la construction des procès de Moscou. [Enquête   conduite par Pierre Broué avec la collaboration et l'aide de Michel Dreyfus, Roland Lewin, John Pou-Los, Gérard Roche, Annie Scatto-Lon, Alan Wald.]



03 : Procès manqué à Prague : l'affaire Grylewicz (1937).


Dans son effort pour accréditer la thèse des procès de Moscou, Staline chercha à provoquer à l'étranger d'autres procès dans lesquels des trotskystes auraient été accusés, comme à Moscou, d' « espionnage » et de trahison au profit de l'Allemagne hitlérienne. La Tchécoslovaquie fut le théâtre de l'une de ces provocations avec ce que l'on a appelé « l'affaire Grylewicz ». Vieux militant du K. P. D., puis de l'Opposition de gauche, ancien gérant à Berlin du Biulleten Oppositsii, réfugié à Prague en 1933, Anton Grylewicz fut arrêté le 12 juillet 1937, inculpé d'espionnage et bénéficia d'un non-lieu le 2 novembre, avant d'être expulsé…



04 : La délégation de l'Institut à Harvard


La délégation de l'Institut à Harvard L'ouverture de la partie fermée des archives de L. D. déposées à la bibliothèque de l'Université de Harvard, le 2 janvier 1980, constitue un événement considérable : La richesse des documents qui s'y trouvent rassemblés ne manquera pas de relancer les travaux, non seulement sur Trotsky et le trotskysme, sur le mouvement communiste et le mouvement ouvrier, mais sur l'histoire d'une période qui aura déterminé, pour une bonne part, le cours de notre humanité. Bien des surprises semblent réservées aux chercheurs, bien des secrets jalousement gardés seront dévoilés, bien des énigmes restées sans réponse trouveront leur solution...



05 : Sur Tina Modotti (1896-1942).


Notes qui ajoutent des éléments biographiques sur le livre de Mildred Constantine, Tina Modotti, Una vida fragil (coll. Tezontle, F. C. E. Mexico, 1979). Notamment ce qu’en écrit Pablo Neruda dans « J’avoue que j’ai vécu » qui attestent de liens privilégiés avec Siqueiros (peintre et membre du PC mexicain, auteur d’un attentat contre Trotsky) et d’autres membres du Guépeou.



06 : Une correspondance avec Les « Cahiers d'histoire » de l'Institut Maurice Thorez (octobre 1979)


Deux questions sont posées à l’Institut Léon Trotsky :
1. Sur quels thèmes portez-vous actuellement vos recherches (personnelles ou collectives, dans le cadre d'un centre de recherche) ? Quels sont vos axes de travail ? 2. Quels sont les travaux déjà publiés et quelles sont vos perspectives de publication ?
Pierre Broué fait un compte rendu objectif du travail d’enquête de l’Institut, travail de chercheurs militants, sur la période noire du stalinisme, et sur le rôle joué par le PCF. L’institut ne recevra aucune réponse.



07 : Trotsky et le bloc des oppositions de 1932 :


C'est en effectuant à la Bibliothèque du Collège de Harvard les recherches documentaires prévues pour l'édition des volumes des Œuvres des années 1936 et 1937 que les chercheurs et collaborateurs de l'Institut Léon Trotsky ont été amenés à une découverte d'importance : l'existence, en Union soviétique en 1932, d'un « bloc des oppositions » contre Staline. Découverte de taille, qui ne justifie pas un instant la vieille thèse stalinienne d'un « bloc terroriste »…



08 : Les trotskystes en Union soviétique (1929-1938)


La longue fermeture des « papiers d'exil » a contribué à fausser l'optique de bien des travaux historiques sur l'U. R. S. S. Faute des documents qui sont aujourd'hui accessibles, on a réduit l'Opposition de gauche, puis la IVe Internationale qui en est issue, à un simple reflet des étincelants pamphlets de Trotsky. En réalité, l'organisation, puis le courant bolchevik-léniniste dans le parti communiste d'Union soviétique ont constitué le noyau de l'Opposition de gauche internationale — à l'intérieur de l'Internationale communiste — donc de la IVe Internationale. Il y a, à travers les militants soviétiques, une véritable filiation, un lien historique concret entre le bolchevisme et le trotskysme, alors que la version traditionnelle ne voit entre eux qu'une identité de vues, voire une simple répétition.


 

09 : Un capitulard à Paris : l'affaire Kharine (1939)

…Nous ne savions presque rien de l'affaire Kharine avant l'ouverture des archives de Harvard. Salomon Kharine, diplômé de l'Institut des professeurs rouges, était en 1928 chef de la section économique et responsable du bureau d'information de la délégation commerciale de l'Union soviétique à Paris. En même temps, sous le pseudonyme de « Joseph », il était le représentant de l'Opposition de gauche russe à Paris, en contact avec les différents groupes français sympathisants et en liaison directe avec Trotsky… Il semble que Kharine ait été l'un de ces oppositionnels sincères mais incertains qui ont compris en 1929 que la route sur laquelle ils s'étaient engagés avec Trotsky ne leur vaudrait que désagréments, voire malheurs, et qui se sont empressés de capituler au moment où cela leur a paru encore possible.

Au cours d'un article précédent consacré aux proches collaborateurs de Trotsky en exil , j'ai évoqué la figure du Tchèque de langue allemande de Reichenberg (Liberec).


 

10 : La mission de Wolf en Espagne, notes.


Erwin Wolf, militant tchèque de langue allemande, disparait en 1937 au cours d'une mission au cours de laquelle il avait représenté le secrétariat de la IVème internationale auprès du Grupo bolchevique-leninista de Barcelone. Ce militant accepte de prendre de grands risques, alors que Trotsky est très inquiet par le refus de Nin et de ceux qui fonderont le POUM d’entrer dans le PSOE et surtout dans les jeunesses socialistes qui se radicalisent à gauche… Le petit groupe trotskyste est très isolé et rend indispensable une liaison avec le centre représenté par Wolf. Comment redresser la situation politique alors que l’entrée du POUM dans le gouvernement de Front Populaire le conduit à la déroute… Arrêté la veille de son retour en France en juillet, puis relaché, il disparait après le 13 septembre dans des conditions qui n’ont jamais été élucidées…


 

11 : Le Mouvement trotskyste en Amérique latine jusqu'en 1940

Trotsky, soucieux de ne pas donner, même indirectement, de prise aux accusations d'ingérence, n'a pratiquement rien laissé dans ses propres archives qui concerne sa propre activité en Amérique latine après 1937 et son arrivée au Mexique… A la Houghton Library même a été déposée ce qu'on appelle la collection-satellite d'Octavio Fernandez, comprenant non seulement une partie des archives de la section mexicaine, mais celles de la revue Clave, fondée et dirigée par Trotsky, et les lettres de Trotsky lui-même qu'il a voulu faire conserver en lieu sûr… Le gros des archives —en dehors du Brésil où il y a eu un début de regroupement dans un centre dépendant de l'université de Campinas — se trouve encore dans les collections privées, au moins celles qui n'ont pas été détruites directement ou indirectement du fait de la répression. Mais nombre d'entre elles ne peuvent être consultées sans grave danger pour ceux qui les détiennent, du fait de l'anéantissement des libertés démocratiques dans les pays où elles ont étés conservées…


 

12 : Deux dossiers d'archives sur les trotskystes allemands

Paul Richartz, né en 1905, employé à Cologne, émigra en Sarre en 1933 après l'arrivée de Hitler au pouvoir, y exerça jusqu'en mars 1935 le métier d'instituteur et se réfugia en France, se fixant avec sa famille à Avignon. Il fut arrêté le 5 septembre 1939 et interné au camp du Vernet, sur quoi nous perdons sa trace. Mais les documents trouvés chez lui, dans une valise, par la police française, ont cheminé d'inspecteurs en juges, mal équipés pour les traduire et qui comprirent seulement que leur homme était sans doute « socialiste » ou « communiste ». En 1967, les papiers saisis vingt-huit ans auparavant chez lui ont été versés aux archives départementales du Vaucluse et classés sous les cotes l M 828 et l M 829. Voilà comment les soins attentifs d'un archiviste départemental et d'une de ses collaboratrices connaissant l'allemand ont mis à la disposition des chercheurs deux dossiers exceptionnels de documents sur la section allemande de la Ligue communiste internationale, puis de la IVe Internationale, les I.K.D. (Internationalen Kommunisten Deutschlands).


 

13 : The Founding of the Socialist Workers Party

(Notes de lecture : Minutes and Resolutions 1938-1939, édité par George Breitman, Monad Press, 1982, 396 pages, distribué par Pathfinder Press. )

George Breitman, l'éditeur des Writings of Leon Trotsky, présente les documents de la fondation du S.W.P. Cette publication, en 1982, a une portée infiniment plus grande que celle de la collection de documents historiques. Elle nous place d'emblée au cœur des problèmes politiques de l'Opposition de gauche, puis de la IVe Internationale. Dans sa préface, Breitman rappelle que les partis politiques, comme toute organisation et institution dans la société bourgeoise, grandissent, mûrissent, déclinent, stagnent ou se développent…


 

14 : Ljova, le « fiston ».

Les aveux d’une institutrice suisse Renata Steiner, impliquée dans l’assassinat d’Ignacy Pretski, dit Ignace Reiss, communiste polonais, ancien haut responsable du GPU passé à la IVème Internationale, permettent d’établir la liaison  avec l’assassinat de Léon Sedov dans une clinique parisienne le 16 février 1938. Broué écrit :

Mademoiselle Steiner et ses amis « Marcel » (Dimitri Smirenski) et « Bob » (Robert Ducomet) étaient les agents d'exécution d'un groupe de tueurs du G.P.U. que dirigeait à Paris « Serge », l'ancien officier de l'armée Wrangel Sergéi Efron, mari de la poétesse Marina Tsviétaieva.


 

15 : Chen Duxiu et la IVe Internationale de 1937 à 1942

L'histoire de l'Opposition de gauche et de la IVe Internationale démontre, en dépit de toutes les falsifications staliniennes, l'importance du noyau international initialement regroupé par Trotsky. Elle fait apparaître aussi la faiblesse du rôle joué au bout de quelques années par les anciens autres que Trotsky, ou, si l'on préfère, la relégation, dans les rôles subalternes, voire le départ pur et simple des dirigeants de la IVe Internationale qui avaient été des dirigeants historiques de la IIIe Internationale dans les années vingt. Avec la section américaine, la section chinoise était sans doute celle qui était le plus directement issue du parti communiste lui-même, de ses cadres, de sa chair et de son sang. Aussi l'arrestation en 1932 de Chen Duxiu et de ses collaborateurs avait-elle dû constituer une bonne nouvelle pour les staliniens chinois. C'est tout à fait officiellement et au nom du P.C.C. que l'un d'eux, Bo Ku, n'hésita pas à réclamer au gouvernement de Tchiang Kai-Chek la condamnation à mort et l'exécution de celui qui avait été l'un des pères fondateurs de la révolution chinoise…


 

16 : Quand Carrillo était gauchiste... Les Jeunesses socialistes d'Espagne (1934-1936) :

Comment la capitulation du POUM, entré dans un gouvernement de Front Populaire, a permis que la radicalisation de la jeunesse socialiste sans direction politique claire passe dans le camp des staliniens. C’est Santiago Carillo, caractérisé par Broué comme « gauchiste » qui sera la cheville ouvrière de cette opération :

« C'est en tout cas ce que Trotsky reprochait au premier chef à ses camarades espagnols, d'avoir observé et commenté, sans intervenir, et d'avoir ainsi permis que cette force militante considérable, généreuse, dévouée, prête à tous les sacrifices, ait pu finalement être entre les mains de Staline et de jeunes staliniens tout neufs l'instrument de la trahison de la révolution espagnole au nom de la « défense de la démocratie »

Juan Andrade [fondateur du POUM], qui fut un adversaire de l'« entrisme», écrit des Jeunesses socialistes qu'elles étaient « un courant jacobin confusionniste », dont la propagande ne fut que « cris et phrases », mais qui eurent une « extraordinaire importance », un grand écho dans la jeunesse. Il admet ne pas savoir pourquoi les dirigeants des J.S. se « bornèrent » à la fusion des organisations de jeunesse. Mais il souligne également que les J.S. apportèrent au P.C. la « grande force complémentaire dont il manquait » et que cet apport fut fondamental. Il relève enfin que ce furent les anciens militants des J.S., « plus que les vieux communistes, qui conduisirent la répression contre les autres tendances ouvrières ». Il remarque : « Le phénomène de la conversion des jeunes socialistes, leur action et leur conduite pendant la guerre civile, vaudraient la peine d'être traités à fond de tous les points de vue » [Et pour cause…]


 

17 : Points de repère chronologiques pour la biographie de Kh.G. Rakovsky

Les principales dates ...

 


 

18 : Rako (Khristian Georgiévitch Rakovsky) , 1ère partie 1873-1923

Cette 1ère partie retrace la biographie de Rakovsky de 1873 à 1923: militant socialiste dès l'adolescence, côtoie les plus grands à l'échelle internationale (Rosa Luxembourg, Lénine...), collabore à l'Iskra puis est délégué à 20 ans au congrès de l'Internationale. De par ses origines il devient un spécialiste des problèmes des balkans et fait le lien entre la question nationale et la lutte internationaliste. Dans la guerre il devient le socialiste internationaliste et noue avec Trotsky des liens politiques et d'une amitié profonde. Puis il joue son rôle de chef de guerre révolutionnaire en Ukraine...



19 : Rako (Khristian Georgiévitch Rakovsky) 2ème partie : 1923-1941

Les critiques de Rakovsky à l'encontre de Staline sur la question nationale au XIIème congrès du PCUS sur la question des minorités nationales, notamment sur l'Ukraine, conduit ce dernier à lui confier un poste diplomatique, c'est à dire à l'isoler du combat de l'opposition naissante. Il devient diplomate à Londres, puis surtout à Paris, où il déchaine contre lui le personnel politique de la bourgeoisie française. De retour à Moscou, il devient un dirirgeant de l'opposition de gauche. Arrêté et isolé par Staline qui lui refuse même la possibilité de soigner une santé très fragile, il capitule en 1934. Pour Trotsky c'était une perte irremplaçable, le dernier lien avec l'opposition en URSS...


 

20 : L'historien devant la vie : Charles A. Beard et les procès de Moscou

Charles Austin Beard (1874-1948) est sans doute l'un des plus grands, sinon le plus grand, des historiens américains du XXe siècle, dont l'empreinte est aujourd'hui encore visible sur bien des travaux de grande qualité. Contacté par les membres fondateurs de la Commission Dewey pour la défense de Trotsky, il se tint toutefois sur une position de réserve. Broué écrit :

…Relisant aujourd'hui l'admirable rapport de la commission Dewey sur la falsification de l'histoire par les procureurs et les policiers de Staline, relisant sa déclaration d'innocence pour Trotsky et Sedov, morts de la façon qu'on sait moins de trois années après, on ne peut qu'éprouver un sentiment d'indignation pour des hommes, aussi éminents soient-ils, qui ont invoqué « leur travail » et tant de mauvaises raisons pour éviter de se compromettre avec une cause qu'ils savaient juste, mais qu'ils croyaient perdue, en adorateurs du fait accompli qu'ils étaient peut-être, ou, tout au moins, en historiens plus soucieux de questions « académiques » que de problèmes relevant de la rue ou de la vie…

C'est qu'il est des causes apparemment perdues qui honorent à jamais ceux qui s'en sont faits les champions. En revanche, il est des dérobades qui jetteront dans l'oubli non seulement les fuyards ou les simples prudents, mais les savants trop candides. C'était une vérité bonne à rappeler dans un temps où il faut savoir encore combattre des procès infâmes.


 

20a: L'année 1934

Plusieurs fils courent dans la chronologie de l'année 1934 dans le monde, dix-sept ans après la révolution d'Octobre, moins d'une année après l'avènement du nazisme en Espagne, mais aussi deux ans avant le début de la révolution et de la guerre civile d'Espagne et cinq ans avant celui de la deuxième guerre mondiale. Ils sont à la fois clairement distincts et profondément emmêlés et nous nous efforcerons de les faire apparaître à la fois en eux-mêmes et dans les liens entre eux...


 

21 : 1934 : les « Léninistes » du P.S.O.E.

Article de fond sur l’évolution à gauche du PSOE dans le courant de 1934, notamment l’aile représentée par Largo Caballero...

Lorsque s'ouvre le 19 avril à la Maison du Peuple de Madrid le Ve congrès de la Fédération nationale des Jeunesses socialistes d'Espagne, l'observateur étranger peut légitimement se demander si l'on n'est pas en train d'assister à une répétition en terre ibérique de l'époque de 1920-1921 où la S.F.I.O. française et l’U.S.P.D. allemand passaient, avec armes et bagages et des centaines de milliers de membres à la cause de la révolution mondiale et à l'internationale communiste. Le journal des J.S., Renovacion, qui reparaît la veille du congrès, proclame l'approche inéluctable de la guerre civile et conclut son salut aux congressistes : « Vive l'insurrection armée du prolétariat ! Vive la Révolution sociale I ».

L’analyse des faits conduit l’historien à établir que la référence verbale à la Révolution sociale n’était en fait qu’une couverture gauche de la social-démocratie :

Alors, au risque de faire s'esclaffer les régiments de précieux et savants pour qui Lénine n'est aujourd'hui qu'une fable pour débiles, nous nous contenterons de relever en conclusion qu'il est tout à fait incorrect et parfaitement injuste de décerner à Largo Caballero et ses amis, jeunes et vieux, le qualificatif particulièrement immérité de « léninistes » : nous espérons l'avoir démontré. « Que cela plaise ou non aux moralistes », bien sûr!


 

22 : Notes sur l'histoire des oppositions et du mouvement trotskyste en Inde dans la première moitié du XXe siècle

Le développement spectaculaire de la section de Ceylan de la IVe Internationale, le fameux Lanka Sama Samaja Party, puis sa participation à un gouvernement de type « Front populaire » dans les années soixante et sa rapide dégénérescence ont focalisé l'attention des observateurs du mouvement en Inde. Or la naissance et le développement de ce parti ne constituent qu'un épisode d'une histoire infiniment plus riche et complexe…

Ces notes n'ont pas la prétention de pouvoir retracer vraiment l'histoire du mouvement trotskyste en Inde, ni de constituer un dossier pour un bilan politique de cette question. Il est évident que l'ensemble des formations de l'avant-garde en Inde, qu'elles aient été ou non « entristes », se sont heurtées au problème qu'elles n'ont pas pu résoudre de l'indépendance de classe des travailleurs sous la forme concrète du lien avec la bourgeoisie indienne par l'intermédiaire du parti du Congrès.


 

23 : Une lettre du 21 janvier 1985 à propos de Molinier

Nous publions les Œuvres de Trotsky, cette fresque étincelante sur le premier XXe siècle, des écrits dans lesquels Jeanne et Raymond Molinier tiennent une place que certains lecteurs jugent excessive...


 

24 : L'ancien « trotskiste » du groupe Manouchian (1944)

Arben Abramowicz Dav’tian, militant bolchévik arménien qui fit toute la guerre civile sur le front caucasien, écarté des responsabilités en raison de ses liens avec l’opposition de gauche. Il gagne l’Europe occidentale et prend contact avec Trotsky et Sedov. En France il prend le nom de Manoukian, mais, s’il a des liens fraternels avec Sedov, il ne s’entend pas avec les militants français. Broué rétablit la vérité, sur d’éventuels soupçons concernant l’assassinat de Sedov. Concernant sa participation à la résistance il ajoute :

Rien, rigoureusement rien du côté trotskiste, n’indique la décision de « Tarov » de rejoindre les militants de la MOI et leur lutte armée se soit accompagnée d'une révision de ses positions politiques et notamment de son hostilité au stalinisme. Il a rompu avec ses camarades français pour ne pas leur faire courir de dangers car il savait qu'il s'engageait dans une activité qui le conduirait rapidement à la mort. L'hypothèse qui est suggérée par les souvenirs de ces derniers est corroborée par ce qui précède, c’est qu’il a réagi en patriote soviétique qu'il était et que c'était l’Union soviétique et la révolution d'octobre qu'il voulait défendre les armes à la main au risque au prix de sa vie contre les hitlériens abhorrés.

Il rejoint l’immigration arménienne dans la résistance et sera très proche de Missak Manouchian. Il sera fusillé avec le groupe de l’Affiche Rouge.


 

25 : Trotsky et les Trotskystes face à la deuxième guerre mondiale

L’auteur a été amené à travailler sur les textes complets des documents reproduits par D. Guérin [Léon Trotsky, sur la 2ème guerre mondiale], et les accusations portées par les groupes trotskystes français contre lui présentant Trotsky comme un social-patriote. Il rétablit les faits :

…L'ouverture des « papiers d'exil », à Harvard, nous a donné accès à bien des documents qui, tous ensemble, permettent aujourd'hui de présenter une interprétation de la pensée de Trotsky qui n'est conforme ni à la version de Guérin ni à celle des militants qui ont défendu contre lui une « orthodoxie » calquée sur l'attitude des bolcheviks pendant la première guerre - avec un retard d'une guerre et très en retrait de la pensée de Trotsky telle qu'elle s'élançait après les premiers succès hitlériens de 1940…

Dans ses ultimes écrits Trotsky pose le problème de la « militarisation » du parti, et réclame une organisation militaire spécifique sous la direction d’officiers « ouvriers », cadres syndicaux ou militants des partis ouvriers. Position qui implique la rupture avec le courant défaitiste révolutionnaire. Citons :

« Dans les pays vaincus, la position des masses va être immédiatement aggravée. A l'oppression sociale s'ajoute l'oppression nationale, dont le fardeau principal est supporté par les ouvriers. De toutes les formes de dictature, la dictature totalitaire d'un conquérant étranger est la plus intolérable »…


 

26 : Compléments sur un article sur les trotskystes en URSS (1928-1933).

l'essentiel des renseignements nouveaux est venu des papiers des archives de L. Sedov à la Fondation de Hoover à Stanford, collection Nikolaievsky, ainsi que de leur confrontation avec les documents connus : nous avons trouvé dans les papiers de Sedov bien des originaux avec des passages précieux précisément « censurés » par Sedov dans les copies qui se trouvent à Harvard. Ces archives nous ont également donné un cadre, des dimensions, un espace finalement plus restreint, avec pas mal de jalons, d'où la relative aisance à trouver et identifier…


 

27 : La main d'œuvre « blanche » de Staline

Trouver en Californie dans une bibliothèque ouverte au public un dossier de la police française dont l'accès vous est interdit dans votre propre pays, c'est le plaisir que j'ai eu cet été à Stanford. En outre, ce n'était pas n'importe quel dossier… la façon d'opérer du G.P.U. dans les années 30 [consistait à recruter systématiquement des hommes de main] dans le milieu décomposé des émigrés « blancs » — les vaincus de la guerre civile.


 

28 : Le Mexique au temps de Cardenas : trois thèses (1938-1940)

Choqué par la thèse d’une universitaire, Maryse Gachie Pineda, sur le Mexique au temps de Cardenas et l’introduction du marxisme dans le mouvement ouvrier mexicain, l’auteur souligne les connaissance superficielles de l’auteur. Sur Trotsky elle s’inspire essentiellement de travaux de seconde main, notamment la biographie très contestable d’Isaac Deutscher. Exemple :

…[Elle] a eu des « entretiens importants », essentiellement avec des collègues universitaires ou des proches de Lombardo, mais curieusement avec aucun proche de Trotsky ni aucun universitaire ou chercheur compétent sur cette question. En revanche, elle a interrogé Georges Fournial qu'elle présente comme « journaliste, spécialiste de l’Amérique latine, militant politique »  . Ignore-t-elle l'appartenance politique de Fournial et pourquoi la cache-t-elle à son lecteur, si elle la connaît ?


 

29 : Van, le militant, l’ami, l’homme

(Jan van Heijenoort 1912-1986)

Intervention de Pierre Broué à la soirée-souvenir en hommage à Jean van Heijenoort, à l'Institut Henri Poincaré de Paris, le 14 mai 1986, qui fut durant 7 ans un des principaux collaborateurs de Trotsky...


 

30 : Débat aux États-Unis sur le Front populaire et l'Histoire.

Il n'y a pas eu aux Etats-Unis de « Front populaire » à proprement parler. Pourtant, si l'on n'imagine pas Franklin D. Roosevelt à la même tribune que Norman Thomas et Earl R. Browder comme Daladier avec Blum et Thorez, c'est seulement à cause du rapport de forces entre partis politiques : socialistes et communistes des Etats-Unis ne constituent que des « groupuscules » à l'échelle politique des Etats-Unis. Mais cela n'empêche pas qu'il ait bel et bien eu, aux Etats-Unis, une période où l'on a pu voir triompher une politique de type Front populaire. Car la politique « réformiste » de Roosevelt à l'intérieur, ce « New Deal » qui prévoit l'intervention de l'Etat pour mieux répartir les conséquences de la crise, alléger le fardeau des classes les plus pauvres, cette politique extérieure qui s'avance avec prudence mais conséquence vers le conflit final avec l'Allemagne nazie, étaient la politique d'une fraction finalement majoritaire — après quelque hésitation — de la classe dirigeante nord-américaine…


 

31 : Espagne 1936 : Front populaire et politiques militaires

Les historiens commencent en général à reconnaître aujourd'hui — un demi-siècle après — que la riposte ouvrière et paysanne au golpe, coup de force de l'armée d'Espagne, a dès les premiers moments revêtu la forme de cette révolution que les militaires soulevés voulaient précisément étouffer dans l'œuf. La révolution espagnole mûrissait depuis des années. La répression de l'insurrection d'octobre 1934 l'avait plutôt nourrie qu'étouffée…


 

32 : La Navarre, un révélateur

On le sait, la catholique Navarre était le pays du Christ-Roi et des carlistes. C'est de Navarre qu'étaient partis les chefs qui négocièrent des armes avec Mussolini en 1934 pour se soulever contre la République. C'est en Navarre que s'organisèrent les fameux boinas rojas des requetés, ces milices carlistes qui donnèrent tout de suite à l'insurrection quatre mille hommes armés et en offraient le double. C'est de Navarre qu'étaient venus ces prétendus « officiers péruviens » qui avaient reçu en Italie fasciste la formation technique nécessaire. C'est de Navarre que le général Mola assura les préparatifs de l'insurrection et les négociations avec les carlistes.


 

33 : La non-intervention de l’URSS en Espagne

La politique de l'U.R.S.S. dans la guerre civile espagnole fut celle de la non-intervention, non seulement de fait, mais ensuite de droit et qui s'étend du mois de juillet au mois de septembre 1936, dans la période décisive où les troupes de Franco ont réussi dans une large mesure à rétablir une situation bien compromise par leurs défaites dans les combats de rue devant des milices ouvrières qui ne sont ni formées ni équipées pour les combats en rase campagne. Les auteurs les plus sérieux qui ont étudié la politique de l'U.R.S.S. vis-à-vis de l'Espagne ne consacrent que quelques pages, quand ce ne sont pas seulement quelques lignes, à cette première période et accréditent ainsi la version la plus favorable à l'Union soviétique en tant qu'unique puissance à avoir abandonné la « farce » de la non intervention dès qu'elle se fût avérée une duperie et effectivement aidé l'Espagne républicaine…

Le tournant tardif de Staline consistera à intervenir secrètement, non pour aider la révolution, mais pour neutraliser, y compris par l’assassinat, le mouvement ouvrier.


 

34_Le P.C. italien, la guerre et la révolution

A propos d’une thèse universitaire de Serge Lambert sur le mouvement communiste italien pendant la guerre :

…C'est à partir de là que commence le travail de Serge Lambert, un travail axé sur le P.C. italien mais qui, en réalité, le dépasse largement, car ses frontières étaient floues : un travail qui est une histoire des communistes italiens pendant la guerre, une histoire d'une révolution qui cherchait ses marques et qui a bien failli les trouver à temps. C'est le mérite de Serge Lambert d'avoir avant tout compris tout cela et de ne pas s'être contenté de garder un œil sur les bordiguistes et un autre sur Togliatti et Longo, de n'avoir fait une histoire ni de groupuscules ni d'appareils, mais celle d'un développement révolutionnaire et d'un mouvement qui échappent largement à la chronologie et à la typologie classiques et qui constituent au fond un parcours rude et difficile au cours duquel une poignée d'apparatchiks, appuyés sur la puissance des armées alliées, ont réussi à faire reculer la révolution italienne, remportant ainsi une partie décisive dans la lutte contre la révolution…


 

35 : Khristian Rakovsky et l'analogie de Thermidor

Ayant longuement vécu en France, comme étudiant d'abord, comme médecin ensuite, et finalement comme ambassadeur, Rakovsky lui aussi a une incontestable familiarité avec les problèmes de l'histoire de la grande Révolution. Le 7 juin 1922 l’Humanité a publié une interview qu'il lui a accordée à Rome au mois de mai, qui titre « la Révolution française et le droit de propriété …


 

36 : Laurent de l' Ardèche, pionnier de la révision de l'histoire de la Révolution française

C'est sous le pseudonyme d'Uranelt de Leuze — anagramme transparent que la répression rendait obligatoire — que Paul Mathieu Laurent (devenu « de l'Ardèche » après son élection à la Constituante en 1848) publia en 1828 sa Réfutation de l'Histoire de France de l’abbé Montgaillard.

Républicain, saint-simoniste puis bonapartiste à l’époque des cents jours, il écrit une réfutation de la conception monarchiste de l’histoire :

Le Saint-Simonien Laurent — et c'est ce qui fait son originalité — place au premier rang de ses préoccupations l'histoire, la philosophie de l'histoire, la philosophie politique. C'est l'histoire qui est à la base des autres car elle seule permet « l'étude des phénomènes de la physique sociale » qui permettront au philosophe de dégager des lois générales et des enseignements, par conséquent des principes d'action pour la politique. L'histoire est une science exacte, mais à la condition qu'elle soit pratiquée par un homme qui a vécu l'expérience nécessaire :[il écrit]
« Pour juger en pleine connaissance de cause la manifestation terrible des passions qui dominèrent à une certaine époque, il faut avoir vécu au milieu de ces passions et pu saisir le fil qui liait leur résultat à leurs causes »…


 

37 : Trotsky et la Révolution française

Trotsky n'a consacré aucun travail spécifique à la révolution française et c'est bien dommage. Il l'a étudiée de près cependant, connaissait les travaux d'Alphonse Aulard, y compris son recueil de Documents pour l'histoire de la Société des Jacobins, l’Histoire de France de Michelet, l'Histoire socialiste de Jean Jaurès à laquelle il vouait une admiration particulière, et n'a cessé à travers les vicissitudes de sa vie politique, de se tenir au courant des derniers travaux scientifiques. Il a connu l'œuvre de Mathiez, dont il appréciait l'importance et utilisé les premiers travaux connus du grand public de Georges Lefebvre. Ce mérite est bien entendu le sien, mais aussi celui de ses collaborateurs et collaboratrices — Denise Naville par exemple — qui ont copié pour lui des centaines de pages dans les bibliothèques parisiennes quand les livres n'étaient pas disponibles.


 

38 : Trotsky et l'histoire en U.R.S.S.

En URSS c’est le deuxième grand débat en 1987 depuis la mort de Staline. Le XXème congrès limitait une déstalinisation excessive contre les historiens épris de vérité historique. Sous Gorbatchev il n’est pas non plus question de dire toute la vérité et de réhabiliter les grands noms, dont Trotsky. Der Spiegel attaque le gouvernement de Gorbatchev sur cette question : la Sovietskaia Rossia répond par un tissu de mensonges sur la personnalité de Trotsky…


 

39 : Trotsky réévalué en Chine

Le numéro 218 du 28 avril 1986 d'Inprecor a publié un article d'Ernest Mandel, « Réhabilitation partielle de Léon Trotsky par des écrivains chinois » . Il reproduit en annexe des extraits d'un article de l'historien Zhu Tingguan, paru dans la revue chinoise Shijie Lishi en 1985, lui-même un commentaire d'un livre de l'historien Li Xiangrong, Biographie critique de Trotsky que la rédaction d'Inprecor n'avait pu se procurer au moment de cette publication. Tout cela est bienvenu...


 

40 : Alan M. Wald, The New York Intellectuals : The Rise and Decline of  the anti-Stalinist Left from the 1930s w the 1980s

Les lecteurs des Cahiers Léon Trotsky connaissent bien Alan Wald et apprécient la contribution qu'il leur a apportée à travers plusieurs articles de fond. Ils sont depuis longtemps convaincus de sa compétence, de sa capacité de travail, de la fantastique étendue de ses connaissances. Le livre qu'Alan vient de consacrer aux "intellectuels de New York" les convaincra en outre de son courage.


 

41 : Avec Trotsky à travers les Etats-Unis

Du 17 octobre au 5 novembre 1989, j'ai effectué une tournée à travers les Etats-Unis, d'une côte à l'autre, sur le thème de l'actualité de Trotsky. Les organisateurs en étaient le groupe qui édite Socialist Action et la Walnut Corporation qu'ils animent. Nos étapes, de durée variable, ont été Boston, New York, Baltimore, Chicago, Minneapolis, San Francisco et Los Angeles. Nous tenions en général un meeting local, puis répondions à l'invitation d'universités, de collèges ou d'autres organismes universitaires pour des conférences, des débats, des discussions…


 

42 : Faut-il récrire l'histoire de la montée au pouvoir du nazisme ?

Trois ouvrages récemment parus aux Etats-Unis ont ouvert ce qu'on n'ose appeler un « débat » sur l'histoire du national-socialisme. Michael Kater, Richard Hamilton et Henry Turner remettent en question l'analyse traditionnelle du nazisme — qu'ils trouvent notamment trop empreinte de « marxisme », cette maladie qui empêche l'historien de garder les pieds solidement ancrés sur cette terre et les certitudes d'une société qui se proclame libérale et libre comme si c'était compatible. Bien entendu nous avons tout à fait conscience qu'il existe au sein de l'université américaine une concurrence féroce pour les chaires, qui exige l'élimination sans pitié des « canards boiteux » — marxistes ou sans saveur — et que l'historien, pour vivre, doit frapper et faire sa publicité par des travaux retentissants qui exigent évidemment le discrédit des auteurs et travaux antérieurs…


 

43 : John Riddell, ed, The Communist International in Lenin's Time. Lenin's Struggle for a Revolutionary International 1907-1916.

Nous avons là un travail très solide et sérieux, avec des documents rares bien choisis et rendus accessibles. Les commentaires sont sobres et utiles, les notes, abondantes et complètes sans pédanterie, expliquent ce qu'il faut expliquer. Bref c'est un instrument de travail très utile…

…Pourtant, on éprouve un malaise. La façon de présenter l'histoire adoptée ici n'est, à certains égards, pas acceptable. Chacun sait que, désireux de se placer dans le sillage du "léninisme" pour mieux coller à la roue du "castrisme", le S.W.P. s'efforce soigneusement d'éviter toute connotation par trop "trotskyste". Ruse puérile sur les champs de bataille du temps présent? Dangereuse quand elle s'applique à l'histoire et calque de trop près d'autres attitudes…


 

44 : Voyage à Moscou

C'est grâce à l'entremise de Louis Astre qu'Isabelle Longuet et moi-même, de fait une délégation de l'Institut Léon Trotsky, avons eu la possibilité de nous rendre à Moscou dans le cadre de l'initiative du comité parisien de France-U.R.S.S., Paris-Moscou 1988. Bien entendu, nous avions tous deux à prendre dans la capitale de l'U.R.S.S. des contacts professionnels et nous l'avons fait, mais il faut souligner que j'étais invité et reçu en toute connaissance de cause et que les responsables soviétiques qui m'ont donné le visa savaient qu'ils le donnaient à un militant qui est en même temps l'historien de Trotsky…


 

45 : Post-scriptum pour l'édition hongroise

Dans ses mémoires, Justice n'est pas Vengeance, publiées en février 1989 chez Robert Laffont à Paris, Simon Wiesenthal, le chasseur de nazis, invoque un témoignage du regretté Vilem Kahan. Il porte sur le Tchécoslovaque Bruno Köhler, dirigeant du P.C.T., protégé de Béria, organisateur à Prague de l'accueil de Mercader à sa libération de sa prison mexicaine. Selon Wiesenthal, Kahan lui aurait confié : « Pour tous les gens bien informés, Köhler est l'homme qui a organisé l'assassinat de Léon Trotsky au Mexique » (p. 195).
Cette interprétation ne nous paraît pas vraisemblable…


 

46 : La deuxième guerre mondiale : questions de méthode.

La 2ème guerre mondiale « interpelle » particulièrement les militants et les organisations qui se réclament de la pensée et de l'action de Trotsky, c'est-à-dire de la IVème Internationale. C'est en effet dans les ultimes mois de sa vie — les premiers de la guerre mondiale — que ce dernier a essayé de répondre aux questions concrètes de ce développement historique dans lequel il voyait le début d'un processus menant tout droit — en moins de dix ans, selon lui — à la révolution et à sa victoire sous la direction de la IVème Internationale, au moins dans plusieurs pays européens. Or on sait combien ce pronostic a été cruellement démenti.


 

47 : En marge de la Commission Dewey, l’espion de Staline

La Commission d'enquête sur les procès de Moscou a siégé et conclu sans avoir eu connaissance du rôle joué dans la préparation des procès par un espion de Staline, « planté » par ses services auprès de Léon Sedov, M. Zborowski — qui est mort le 30 avril 1990… Collaborateur de L. Sedov à la fois dans le « groupe russe » de Paris et pour la rédaction du Biulleten Oppositsii, connu dans le mouvement sous le pseudonyme d'Etienne, il eut connaissance de nombre d'éléments d'information susceptibles d'intéresser le GPU auquel il rendait compte régulièrement…


 

48 : Un trotskyste à New-York pendant la deuxième guerre mondiale : van Heijenoort.

« [Pierre Broué] J’ai abordé pour la première fois dans la nécrologie que j'ai consacrée à celui qui fut mon ami Van la question de son rôle dans l'analyse de la Deuxième Guerre mondiale et de sa position particulière sur ce point dans la IVème Internationale  . Les Cahiers Léon Trotsky ont par ailleurs publié un article de lui de 1942 sur « La Question nationale en Europe », permettant de souligner l'originalité de son analyse politique…

En fait van Heijenoort a défendu les positions inscrites dans les derniers textes de Trotsky en faveur de la « politique militaire prolétarienne », alors que la plupart des sections de la IVe Internationale seront sur la position du défaitisme révolutionnaire…


 

49 : Le Retour, tournant de l'histoire en URSS

Les quatre années écoulées nous ont permis d'assister à la révision la plus radicale qu'ait jamais connue l'histoire soviétique. Nouveauté ? Cela n'empêche pas de constater qu'il s'agissait bien, initialement, pour les dirigeants du pays, de « mettre le passé en accord avec l'actualité politique » — disons, de réécrire l'histoire en fonction des besoins de la direction gorbatchévienne du PCUS…


 

50 : Entretien avec Ivan Vratchev (8-11 juin 1991)

Je connaissais Ivan Yakovlévitch Vratchev par les documents des archives de Harvard. J'avais vu sa signature au bas de lettres de déportés, ainsi que des mentions de son nom dans des lettres à Trotsky. Cet homme était de toute évidence l'un des membres les plus en vue de la jeune génération de l'Opposition de gauche, dont il avait été l'un des rares délégués et le porte-parole à la XIIIe conférence du parti bolchevique en janvier 1924…


 

51 : L'opposition comme force d'idées : Victor Serge de la bande à Bonnot à Trotsky

Ce colloque, notre colloque pour le Centenaire de la naissance de Victor Serge, se tient dans un contexte où la figure de cet écrivain militant prend un éclat particulier.

Alors que s'effondre dans le monde, par pans entiers, l'empire des héritiers de Staline, alors que tant de commentateurs, intéressés ou non, s'efforcent de persuader le monde que le socialisme n'a jamais été, n'est et ne sera jamais qu'une utopie absurde et sanglante, à ce moment, en ce moment, le lumineux visage de Victor Serge témoigne que l'on peut avoir été l'un des premiers et des plus conséquents dans la dénonciation du stalinisme et de ses crimes et qu'on peut être aussi, jusqu'à son dernier souffle, un partisan convaincu du socialisme.


 

52 : Les historiens soviétiques devant Trotsky, Lectures

Les travaux du colloque international d'Aberdeen, du 31 juillet au 4 août 1990, qui fut sans doute l'un des meilleurs de ces années fertiles en "colloques Trotsky" viennent enfin de paraître, édités par Edinburgh University Press sous le titre The Trotsky Reappraisal. Nous nous attacherons ici avant tout aux contributions des chercheurs soviétiques, malgré le grand intérêt de certaines de celles qui émanent de chercheurs occidentaux dont les conclusions sont plus accessibles et mieux connues…


 

53 : Les Archives du KGB entr'ouvertes.

Depuis le début de la perestroïka, les historiens occidentaux et de l'Europe de l'Est ont attendu avec impatience une ouverture, au moins partielle des archives policières, les fameuses « archives du KGB » où sont entassés les documents du GPU, de I'OGPU et de la NKVD. Leur soif était aiguisée par l'ouverture de celles du parti.
Ces archives sont maintenant partiellement accessibles — directement ou par des entreprises intermédiaires — moyennant finances et pour un paquet respectable de dollars…


 

54 : Quelques lueurs venues d'archives sur les relations entre Trotsky, Maurin et Nin.

L'histoire du BOC, de la ICE et du POUM n'est pas, sauf exception, fondée sur des documents d'archives. Certains auteurs ont fait des ouvrages dont la base documentaire est la presse ainsi que les souvenirs et entrevues d’anciens. Loin de moi l'idée de le leur reprocher : c'est une phase inévitable dans les conditions politiques de la recherche sur les événements contemporains et ce sont souvent ces publications ne reposant pas sur les archives qui donnent l'élan décisif à l'ouverture de la consultation des archives. Nous avons ici regroupé quelques textes sommairement commentés qui ouvrent des fenêtres sur un passé mal connu et où les auteurs apparemment se sont souvent appuyés les uns sur les autres…


 

55 : Lipa A. Wolfson, homme de confiance de Rakovsky

L'histoire soviétique et celle de l'Opposition de gauche avancent du même pas lent. Les maîtres du pays ne sont guère intéressés à des progrès en la matière — on pourrait même penser le contraire. Mais il est tout de même possible de faire progresser nos connaissances dans le domaine qui a été jusqu'à présent le plus fermé et où les faits les plus importants sont systématiquement défigurés : celui de l'histoire des oppositions, et en particulier de l'Opposition de gauche. Une fois passé le moment des grandes révélations, une sorte de routine s'est peu à peu imposée. Il faut dépouiller systématiquement les documents accessibles et accumuler les informations « préparatoires » au moment de la vraie recherche historique qui ne viendra qu'avec l'accès libre aux archives du KGB…


 

56 : Rakovsky et Trotsky

Rakovsky, de quelques années plus âgé, et Trotsky s'étaient rencontrés pour la première fois à Paris, en 1903, hommes faits. Ils devaient garder le contact et se retrouver régulièrement jusqu'en 1914 aux différents congrès de la IIe Internationale, ainsi qu'à la conférence socialiste des Balkans à Belgrade en 1911. Tous deux furent internationalement connus comme militants révolutionnaires et socialistes avec la révolution russe de 1905. Rakovsky accueillit à Constantsa les marins du Potemkine, assura leur défense et popularisa leur mutinerie. Trotsky fut le dernier président du soviet de Saint-Pétersbourg. Ainsi la révolution et leur action révolutionnaire lièrent-elles pour toujours les noms de ces deux hommes qui avaient commencé à sympathiser en 1903 — celui du Potemkine et celui du soviet...


 

57 : 1923 : La bascule ?

La révolution allemande de 1923 :


Jamais sans doute dans l'histoire contemporaine des préparatifs aussi soignés, sérieux et systématiques d'une insurrection n'ont été faits, dans aucun pays — et nous sommes maintenant certains de ce que nous avons toujours pensé, à savoir que l'ouverture des archives du Comintem permet de le démontrer. Jamais sans doute révolution dans un pays ne fut autant attendue, aussi fort espérée, ses fondements jetés comme ceux d'une cathédrale par les bras de dizaines de milliers d'humbles. Jamais déception ne fut plus poignante pour les croyants et les combattants…


 

58 : L'organisation des Trotskystes en URSS.

Les lecteurs des Œuvres de L.D. Trotsky n'ont sans doute pas oublié les documents des années 1935-1936 où il décrivait les progrès numériques de la « section russe » de l'opposition de gauche dont il envisageait alors qu'elle serait bientôt à l'initiative de la IVe Internationale et candidate à la direction des combats internationaux pour le renversement du capitalisme sur la planète. Ses adversaires faisaient des gorges chaudes de toutes ses affirmations. Le régime stalinien, disaient-ils, baptise « trotskystes » tous ses adversaires et Trotsky est en train de prendre comptant, comme un hommage mérité, ce qui n'est en fait qu'une monstrueuse calomnie. Les trotskystes ne sont guère nombreux dans les camps. Beaucoup ont renié, beaucoup sont morts tragiquement, mais ils ne recrutent ni dans les usines ni dans les camps et le vieux lion rêve à haute voix.


 

59 : Le Lénine de Volkogonov, notes

On savait que ce militaire de carrière, historien militaire devenu homme politique puis historien officiel, avait l’énorme privilège d’accéder en Russie — comme avant lui les historiographes de la cour du Caudillo Franco dans l’Espagne nationaliste — aux documents inaccessibles à tout autre, en particulier aux « archives du Président », l’ancien « Fonds Staline » dit aussi « Fonds du Kremlin » ainsi qu’aux archives du KGB. Bien sûr, après deux ouvrages décevants à tous égards, on ne pouvait guère attendre du dernier de sensationnelles nouveautés. Pourtant le volume des archives consultées par le général et ses collaborateurs, le poids des secrets ensevelis pendant des décennies, lui ont permis d’apporter bien des éléments nouveaux, d’importance d’ailleurs très variable…


 

60 : Le Togliatti d’Aldo Agosti

Aldo Agosti fut un historien du PC d’I, incontestablement fidèle à son parti mais qui se tint à l’écart des manipulations. Sa réputation n’est plus à faire et sa biographie de Togliatti était légitimement très attendue. Elle est là. Elle apporte et elle interroge. On s’interroge aussi à partir d’elle. Le lecteur français aura bientôt, nous l’espérons, une traduction. En attendant, il faut rendre compte en détail de ce livre passionnant, dans lequel l’historien italien a fait apparaître un Togliatti dégagé des fioritures, bien que pas de tous ses actes.


 

61 : Les « trotskystes » et la classe ouvrière soviétique.

A propos des archives de Moscou :

Comprenant pour ma part que ces archives et bien d’autres peuvent nous apporter bien des éléments utiles pour la réécriture ou l’amendement de l’histoire soviétique telle que nous la connaissons, j’ai profité de mes recherches sur Khristian Rakovsky pour lancer des sondes sur ce que pouvaient être en 1927, lors de leur défaite dans le parti, et de leur mise hors-la-loi, « les trotskystes » en URSS, non pas seulement dans « les archives de Moscou », ainsi portées aux nues, mais dans des archives d’une ville importante éloignée de la capitale, où je trouvais avec un personnel d’un dévouement total aux chercheurs étrangers, dont la présence constitue pour eux un joyeux événement, celles du parti et de l’Etat dans la ville ouvrière ukrainienne de Kharkov.


 

62 : Les tueurs sont aussi des menteurs

Pavel Anatoliévitch Soudoplatov, ancien chef des services d’action du NKVD, organisateur entre autres, on le savait, de l’assassinat de Trotsky, a parlé pendant des mois avec son fils Anatoli et un couple de Nord-Américains spécialistes de l’espionnage ou plutôt de l’exploitation littéraire de l’espionnage. Et cela donne un livre devenu très vite un bestseller, traduit dans toutes les langues, présenté comme les mémoires d’un important acteur de la politique en ce siècle, la restitution d’une partie de cette histoire qui nous a été volée par des hommes comme lui, les assassins de l’ombre.
En toute honnêteté, nous pensons qu’il n’est possible d’y toucher qu’avec des pincettes.


 

63 : Littérature et Histoire avec Stephen Koch

…Il y a une foule de petites erreurs et méprises, des détails révélateurs d’une réelle négligence, d’un manque d’intérêt vrai ou d’une profonde ignorance, et surtout du caractère superficiel de ce travail dont les abords ne sont pas creusés. Ma deuxième remarque est qu’on peut saisir dans les cent premières pages la thèse que l’auteur cherche à imposer aux lecteurs, à savoir la manipulation dans les années 30, à travers Moscou et ses agents, de l’univers occidental de la culture, dans le but, encore caché de servir l’alliance entre l’URSS stalinienne et l’Allemagne nazie. Et mon tout est un excellent roman policier et un travail historique plus que médiocre…


 

64 : Quelques notes sur la biographie de Trotsky par Volkogonov.

Une accumulation de faits non vérifiés qui sont soit des petites erreurs ou des contre-vérités qui fait dire à l’historien que ce travail n’était pas fait pour contribuer à l’histoire de Trotsky, alors que Volgonov avait accès à toutes les archives d’Etat et de police…


 

65 : Comptes rendus sur l'Histoire au temps d'Eltsine

…L'histoire qui fleurit dans les librairies dans les lendemains d'imposture démasquée n'est pas forcément une histoire de vérité, mais le plus souvent celle d'une imposture aménagée. Ainsi en fut-il sous Nikita Khrouchtchev. Ainsi en est-il plus encore sous le nouveau « tsar » Boris Eltsine….


 

66 : Un peu de nouveau sur la répression en URSS

La Liste de Vorkouta : une liste de 184 noms à la suite d’un manuscrit d’ancienne du Goulag, dont nous espérons qu’il sera publié, nous apporte des informations complémentaires sur les trotskystes en URSS. Il s’agit d’une liste d’hommes et de femmes présents dans le camp de Vorkouta. Ils furent tous exécutés. D’autres, également en nombre, se trouvaient dans la région de Magadan et leur sort fut identique. Nous ne pouvons douter qu’ils étaient alors aussi un certain nombre à être torturés dans les prisons, qui furent exécutés à cette époque…


 

67 : La correspondance Trotsky-Sedov aux archives Hoover à Stanford

C'est un jour ordinaire de 1983 qu'en nettoyant les locaux laissés vacants à la fondation Hoover par le décès de la veuve de l'historien russe émigré Boris Nikolaievsky, des femmes de ménage ont découvert la plus grande partie d'une archive Sedov dont tout indiquait qu'elle se trouvait dans cet institut, ce que Nikolaievsky avait toujours nié. J'eus la chance d'être invité, avec mon ami Jean van Heijenoort à l'authentification, la datation et l'identification des correspondants et personnes mentionnés.


Une chance ne vient jamais seule, et quelques mois plus tard ont resurgi sur le territoire de la vieille Europe, d'autres documents depuis longtemps considérés comme perdus : des lettres confiées par Trotsky en 1933 à Sedov et que l'on a vu reparaître, dans un carton sous un escalier, m'a-t-on dit, à l’Institut d'histoire sociale d'Amsterdam qu'elles avaient quitté pour la Grande-Bretagne pendant la guerre, ne trouvant qu'au retour que cette cache trop sûre…


 

68 : Il y a quatre-vingts ans ce parti bolchevique qui prenait le pouvoir

C'était un outil extraordinaire, une « merveille de l'histoire », disaient les siens, un parti comme on n'en avait jamais vu et comme on n'en verra probablement plus, parce qu'il est né de la rencontre de circonstances historiques exceptionnelles dont la principale fut que le soulèvement de la classe ouvrière et de la jeunesse d'un immense pays à peine frôlé par l'industrialisation, l'empire tsariste, trouva un parti prêt à l'accueillir, à l'exprimer, à l'armer dans tous les sens du terme, à combattre avec lui et pour lui... Et que l'un et l'autre connurent en 1905 une répétition générale et une amnistie qui permirent de remettre les compteurs à zéro…


 

69 : Ivan Nikititch Smirnov, Une conscience communiste (1881-1936)

De ceux qui ont fait et dirigé la révolution russe de 1917 à 1921, trois sont bien connus et ont une biographie d'enfant et d'adolescent. Lénine, fils de fonctionnaire de petite noblesse, étudia le droit ; Rakovsky, fils de grand propriétaire marchand de grains, fit sa médecine ; Trotsky, fils d'un fermier aisé, commença des études de mathématiques.
Mais il en est un qui était un véritable ouvrier et fils de vrai paysan en même temps qu'un grand bolchevik. Nous ne saurions rien de lui s'il n'avait écrit sur son enfance et son adolescence quelques lignes d'autobiographie pour l'encyclopédie Granat, Les bolcheviks par eux-mêmes  . Nous voulons parler d'lvan Nikititch Smirnov…


 

70 : Préface à l’édition allemande de Trotsky

Il y a bientôt neuf ans que cet ouvrage a été publié en langue française et beaucoup d’eau a coulé, pendant le temps de la traduction, sous les ponts de la Moskowa. On a pu croire à un moment qu’une multitude d’ouvrages allaient submerger celui-ci sous les révélations livrées par les archives désormais ouvertes à Moscou. Mais l’histoire, on le sait, n’avance pas plus vite que le développement concret des mouvements sociaux et politiques contemporains. L’ère de Boris Eltsine est une ère de réaction politique et sociale comme elle fut avec le général Volkogonov celle d’une gigantesque réaction dans le domaine de l’histoire…


 

71 : Lettre ouverte à Monsieur Coquema, auteur d'un roman sur la IVe Internationale

La partie historique est une mauvaise compilation de textes ajoutés les uns aux autres sur la base d'une documentation hétéroclite et la plupart extraits eux-mêmes de citations d'ouvrages que vous n'avez pas lus. A part la ridicule mention que vous faites du nom de Rakovsky en l'empruntant à un livre de J. J. Marie, qui, lui, sait écrire et relire, vous ne mentionnez pas une fois le nom de Rakovsky dans votre texte alors qu'il fut jusqu'en 1934 le lieutenant de Trotsky.


 

72 : La révolution n'a pas eu lieu ! Une aussi longue attente

Cette révolution que beaucoup craignaient, et que plus nombreux étaient ceux qui l'appelaient de leurs vœux, n'a pas eu lieu. C'est là notre souci : essayer d'expliquer pourquoi, cette fois non pas à partir de ses adversaires, mais à partir de ses partisans…


 

73 : Le déroulement de la guerre

Nous avons réuni ici des commentaires à chaud, descriptions et analyses de cette guerre en cours, en nous concentrant sur l’Europe, car c'est la révolution européenne que l'on espère en premier, même si on sait l'entrevoir, par exemple en Inde…


 

74 : Une position difficile sur une guerre sans précédent

La configuration de la guerre à partir de 1941 pose de difficiles problèmes théoriques aux trotskystes, qui se considèrent comme les « nouveaux bolcheviks », ceux qui prendront la direction de la révolution qui va inéluctablement suivre la guerre. Disciples de Lénine, ils se veulent évidemment fidèles à ses enseignements sur la Première Guerre Mondiale. Mais les données mondiales ne sont plus les mêmes et la situation est suffisamment complexe pour soulever bien des débats nouveaux. Bien sûr, une guerre entre l’Allemagne d'Hitler et la Grande-Bretagne de Churchill est pour eux une guerre entre impérialismes, donc une guerre impérialiste au cours de laquelle le combat pour renverser le capitalisme ne doit pas connaître de répit. De même, une guerre entre l’URSS et une quelconque puissance capitaliste impérialiste est d'un côté une guerre impérialiste, qui relève de la catégorie précédente, mais, de l'autre, une guerre de défense d'un Etat ouvrier…


 

75 : Le bilan post mortem

C'est en gros à partir de la fin de 1943 et jusqu'en 1946 que se discute le bilan des années précédentes, mais, pour certains des protagonistes, tout se passe comme si la situation s'était maintenue intacte, en quelque sorte « gelée » en Europe, où de l'eau a pourtant coulé sous les ponts hâtivement reconstruits…


 

76 : Elie Reynier, révolutionnaire du premier XXe siècle

Au cours de l'année dernière, mes amis ardéchois qui publient la revue Mémoires d'Ardèche m’ont demandé de collaborer à un numéro consacré au militant ouvrier, syndical et politique Elie Reynier. Je l'ai fait avec joie… [Lors des] années 30 où la section départementale de la Ligue des Droits de l’Homme -- animée par Elie Reynier - est le véritable moteur de la lutte pour le front des partis et syndicats ouvriers, jouant le rôle que des formations révolutionnaires s’assignaient mais ne sont pas parvenues à jouer…


 

77 : Le GPU à la chasse aux trotskystes

Dans les années qui ont précédé son assassinat, Trotsky fut presque seul à s'efforcer de mettre en garde l'opinion publique et particulièrement le mouvement ouvrier mondial contre les pratiques meurtrières des services de Staline, que pourtant il sous-estimait. Dans le même temps, les meurtriers de plume, journalistes comme Georges Soria, dirigeants de partis communistes comme Jacques Duclos, épaulaient de leur mieux les hommes de main. Tournant en ridicule les avertissements de Trotsky, dont l'un d'eux assurait qu 'il voyait tous les jours un agent du GPU dans sa soupe, ils l'accusaient des pires crimes au service de Hitler, pour justifier d'avance son assassinat…


 

78 : Lettre au directeur d'Historia sur un article de M. Alexandre Adler, « historien et éditorialiste »

L’auteur souligne l’article d’un journaliste pressé et restitue la vérité fondée sur les faits et le recours aux sources.


 

79 : Notes sur des éléments nouveaux de l’histoire de l’Internationale Communiste.

Les travaux du colloque de Lausanne sur les Brigades internationales ont fait apparaître le personnage du Palestinien Nadjati Sidqi… Fort-Whiteman, Lovett (1894-1939), Ce Noir Américain fut l’un des premiers à rejoindre le CPUS et être choisi, en tant que militant Noir pour être envoyé en 1924 à Moscou afin d’y suivre l’enseignement de l’école Lénine et devenir l’un des dirigeants du CPUS… La lettre « de Jacques Duclos » contre Browder du 19 janvier 1945…


 

80 : Témoins et acteurs : camarades français de Trotsky, Yvan Craipeau et Fred Zeller

Ces deux livres  ont paru presque coup sur coup, bien que des chapitres de celui de Zeller datent de plusieurs années. Yvan Craipeau et Fred Zeller ont été, tout jeunes, gagnés à Trotsky en même temps qu’à la révolution. Ils ont milité sur des trajectoires peu différentes. Ce sont aujourd’hui des survivants d’une époque ancienne et Craipeau se qualifie de « dinosaure » dans son titre..


 

81 : Du nouveau sur les crimes de Staline

Les fameuses archives du NKVD dérobées et sorties de Russie par Mitrokhine, sont présentées et expliquées ici dans un volume intitulé The Sword and The Shield (L'Epée et le Bouclier), par le spécialiste britannique Christopher Andrew…


 

82 : Trotsky, soixante ans après.

Une question se pose, très simple, incisive comme un scalpel pour comprendre la nature du cancer qui a emporté l'Union soviétique née de la Révolution d'Octobre. Pourquoi cet acharnement de Staline ? Pourquoi cette fureur de tuer, tous les tueurs — les Mercader — lâchés sur les traces des révolutionnaires ?...


 

83 : Lettre à Carolina

Lutte pour l’Histoire, lutte pour la Révolution : Il y a mille et une manières de lutter pour la Révolution. L’une est de travailler pour approcher le plus possible de la vérité historique, ce qu’on peut appeler, non pas un combat pour une histoire révolutionnaire, mais un combat révolutionnaire pour l’Histoire. Comme toutes les luttes révolutionnaires, il passe par un travail obscur et souvent fastidieux, la collecte des documents, parfois très longue, parfois vaine, leur reconstitution, leur lecture pas toujours facile, parfois leur traduction, leur compréhension, leur datation, leur commentaire…


 

84 : Philippe Campinchi, Les lambertistes, un courant trotskyste français

L’ouvrage de Philippe Campinchi pourrait combler un vide sur l’organisation trotskyste crée par Pierre Boussel-Lambert et proposer une étude historique, sociologique et politique solide. Il y a de cela, mais on a plutôt affaire à un mélange, au sens littéraire du terme, entre souvenirs, impressions, raisonnements politiques, qui s’entrecroisent et finalement embrouillent plus qu’ils n’éclairent le lecteur non averti sur le « lambertisme » dans la mouvance trotskyste française…


 

85 : Nous avons eu Prague au cœur

Le 18 novembre 2001, à l’Université Masaryk de Prague, s’est tenu un colloque consacré au printemps de Prague à l’occasion du 80e anniversaire de la naissance d’Alexandre Dubcek. La communication de notre camarade Pierre Broué lui avait été demandée par les camarades de 1968, dont les organisateurs du Xe congrès du PCT, pour éclairer l’impact qu’ils avaient eu, par leur action, sans l’avoir su. Ils avaient insisté pour un récit personnel, que voici…


 

86 : Petites trouvailles de l’Histoire de la Comintern et de la Révolution russe

Iakov Blumkine, ancien tchékiste S.R. passé au parti bolchevique… versions contradictoires de l’assassinat d’Andreu Nin…


 

87 : Exil et terre d’asile

L'Institut du droit d'asile du Musée Léon Trosky de México a organisé au mois d'août un Cycle de conférences sur un thème d'histoire et d'actualité. Notre ami Pierre Broué a prononcé, le 12 août 2002, la première, l'ouverture, sur le thème central de l'exil et de l'asile politiques…


 

88 : L’internationale communiste et les Brigades internationales

On peut dire qu’aux mois de juillet et août 1936, dans les deux premiers mois – décisifs – de la guerre d’Espagne, Staline a fait le grand écart politique. Comment maintenir une politique de non-intervention, et répondre en même temps aux aspirations des masses populaires et des membres des partis communistes où s’exprime un fort courant pour aider l’Espagne ? La création des Brigades internationales est un premier élément de réponse à des exigences contradictoires, mais elle a été saisie comme le premier pas d’une aide…


 

89 : Ouverture de la table ronde : recherches pionnières

Journée d’étude de Dijon du 5 juin 2002 sur l'histoire de l'extrême gauche française.

Ce colloque se réunit à un moment bien particulier et il devrait avoir un visage intéressant. Il réunit en effet des gens compétents ayant consacré des années à l’histoire de Trotsky et du trotskysme, après une manifestation des médias qui a provoqué la situation cocasse dans laquelle ceux qui ont consacré des années de recherche et de travail à ce thème ont été muselés pendant que la parole était donnée à des incompétents dont le plus éminent a dû confesser qu’il était tellement occupé à écrire ses propres analyses qu’il n’avait pas le temps de prendre connaissance des sources, voire de connaître leur existence...


 

 

 

 

 

 

 

Date Titre (Le lien affiche la notice de présentation à gauche) Publié Numéro

1789 Trotsky et la Révolution française (suivi de Rakovsky et l'analogie de Thermidor) juin 1987 30 word pdf
1789-1795 Laurent de l' Ardèche, pionnier de la révision de l 'histoire de la Révolution Française juin 1987 30 word pdf
1873-1941 Points de repère chronologiques pour la biographie de Kh.G. Rakovsky mars 1984 17 word pdf
1873-1941 Rakovsky et Trotsky janvier 1994 52 word pdf
1873-1941 Rako Khristian Georgiévitch Rakovsky) 2ème partie 1923-1941 juin 1984 18 word pdf
1873-1941 Rako (Khristian Georgiévitch Rakovsky) 1ère partie 1873-1923 mars 1984 17 word pdf
1881-1936 Ivan Nikititch Smirnov, une conscience révolutionnaire Novembre 1997 56 word pdf
1907-1916 John Riddell, ed, The Communist International in Lenin's Time… septembre 1988 35 word pdf
1917-1921 Il y a quatre-vingts ans, ce Parti bolchevique qui prenait le pouvoir Novembre 1997 56 word pdf
1923 1923 : la bascule ? Mars 1995 55 word pdf
1925-1933 Quelques lueurs venues d'archives sur les relations entre Trotsky, Nin, Andrade et Lacroix ; B mai 1993 50 word pdf
1926 Khristian Rakovsky et l'analogie de Thermidor juin 1987 30 word pdf
1926- Notes sur l'histoire des oppositions et du mouvement trotskyste en Inde dans la première moitié du XXe siècle mars 1985 21 word pdf
1926-1940 Quelques proches collaborateurs de Trotsky Janvier 1979 1 word pdf
1926-1940 Les " trotskystes " et la classe ouvrière soviétique Septembre 1996 58 word pdf
1927-1941 Lipa A. Wolfson, homme de confiance de Rakovsky janvier 1994 52 word pdf
1928-1933 Compléments sur un article sur les trotskystes en URSS décembre 1985 24 word pdf
1929-1938 Les trotskyses en URSS (1929-1938) 2ème trimestre 1980 6 word pdf
1930 Elie Reynier, révolutionnaire du premier XXe siecle Juin 2000 70 word pdf
1930 La main d'œuvre « blanche » de Staline décembre 1985 24 word pdf
1930-1950 Le Togliatti de Aldo Agosti Septembre 1996 58 word pdf
1930-1980 Alan M. Wald, The New York Intellectuals : The Rise and Decline of the anti-Stalinist Left from the 1930s to the 1980 septembre 1988 35 word pdf
1932 Trotsky et le bloc des oppositions de 1932 1er Trimestre 1980 5 word pdf
1933 La correspondance Trotsky/Sedov aux archives Hoover à Stanford (doublon) Août 1997 59 word pdf
1933 Faut-il récrire l 'histoire de la montée au pouvoir du nazisme ? décembre 1988 36 word pdf
1934 Les "léninistes" du P.S.O.E. (1934) décembre 1984 20 word pdf
1934 L'année 1934, présentation du numéro 20 des Cahiers Léon Trotsky décembre 1984 20 word pdf
1934-1936) Quand Carillo était "gauchiste" décembre 1983 16 word pdf
1934-1938 La Navarre, un révélateur ? décembre 1986 28 word pdf
1935 Deux dossiers d'archives sur les trotskystes allemands décembre 1982 12 word pdf
1935-1936 L'organisation des Trotskystes en URSS Avril 1994 53 word pdf
1935-1939 Débat aux Etats-Unis sur le Front populaire et l'Histoire septembre 1986 27 word pdf
1936 Espagne 1936 : Front populaire et politiques militaires septembre 1986 27 word pdf
1936 L'Internationale Communiste et les Brigades internationales Novembre 2002 78 word pdf
1936 La non-intervention de l'U.R.S.S. en Espagne (juillet - septembre 1936) décembre 1986 28 word pdf
1936 Petites trouvailles de l 'Histoire de la Comintern et de la Révolution russe Décembre 2001 76 word pdf
1936-1937 Témoins et acteurs camarades français de Trotsky, Yvan Craipeau et Fred Zeller Septembre 2000 71 word pdf
1936-1938 Un peu de nouveau sur la répression en URSS Septembre 1996 58 word pdf
1936-1940 Le GPU à la chasse aux trotskystes Juin 2000 70 word pdf
1936-1940 Du nouveau sur les crimes de Staline Décembre 2000 72 word pdf
1937 La mission de Wolf en Espagne Juin 1982 10 word pdf
1937 Procès d' Américains à Moscou ou procès de Moscou à New York? L'affaire Robinson-Rubens Juillet-Septembre 1979 3 word pdf
1937 Procès manqué à Prague : l'affaire Grylewicz Juillet-Septembre 1979 3 word pdf
1937-1940 Le mouvement trotskyste en Amérique latine jusqu'en 1940 septembre 1982 11 word pdf
1938 Ljova, le "fiston" mars 1983 13 word pdf
1938 L'historien devant la vie : Charles Béard et l'enquête sur les procès de Moscou septembre 1984 19 word pdf
1938 En marge de la Commission Dewey, L' espion de Staline juillet 1990 42 word pdf
1938-1939 The Founding of the Socialist Workers Party Notes de lecture décembre 1982 12 word pdf
1938-1940 Sur Tina Modotti (complément au n° 3) Octobre-décembre 79 4 word pdf
1938-1940 Le Mexique du temps de Cardenas : trois thèses juin 1986 26 word pdf
1938-1942 Chen Duxiu et la IVe Internationale de 1938 à 1942 septembre 1983 15 word pdf
1939 Un capitulard à Paris : l'affaire Kharine 1981 7/8 word pdf
1939-1945 Trotsky et les Trotskystes face à la deuxième guerre mondiale septembre 1985 23 word pdf
1940 Post-scriptum pour l'édition hongroise mars 1989 37 word pdf
1941-1944 Le déroulement de la guerre Juin 1999 66 word pdf
1941-1944 Une position difficile sur une guerre sans précèdent Juin 1999 66 word pdf
1941-1944 La deuxieme guerre mondiale : questions de méthode septembre 1989 39 word pdf
1941-1944 Un trotskyste à New-York pendant la deuxième guerre mondiale: van Heijenoort septembre 1990 43 word pdf
1941-1945 Le P.C. italien, la guerre et la révolution mars 1987 29 word pdf
1941-1946 La révolution n'a pas eu lieu! Une si longue attente Mars 1999 65 word pdf
1943-1946 Le bilan post mortem Octobre 1999 67 word pdf
1944 L'ancien « trotskyste » du groupe Manouchian septembre 1985 23 word pdf
1979 Une correspondance avec les Cahiers d'histoire de l'institut Maurice Thorez Octobre-décembre 79 4 word pdf
1980 La délégation de l'Institut à Harvard Octobre-décembre 79 4 word pdf
1984-1991 Le Retour, tournant de l'histoire en URSS décembre 1990 44 word pdf
1985 Une lettre de Pierre Broué en date du 21 janvier 1985 à propos de Molinier mars 1985 21 word pdf
1986 Trotsky réévalué en Chine juin 1988 34 word pdf
1986 Van, le militant, l'ami, l'homme juin 1986 26 word pdf
1987 Trotsky et l'histoire en U.R.S.S juin 1988 34 word pdf
1988 Préface à l'édition allemande de Trotsky Novembre 1997 60 word pdf
1988 Voyage à Moscou décembre 1988 36 word pdf
1989 Avec Trotsky à travers les Etats-Unis mars 90 41 word pdf
1990 Quelques notes sur la biographie de Trotsky par Volkogonov Septembre 1996 58 word pdf
1990 Les historiens soviétiques devant Trotsky lectures juin 1992 48 word pdf
1991 Entretien avec Ivan Vratchev juillet 1991 46 word pdf
1992 L'opposition comme force d'idées : Victor Serge de la bande à Bonnot à Trotsky janvier 1992 47 word pdf
1993 Les archives du KGB entr'ouvertes octobre 1993 51 word pdf
1996 Le Lénine de Volkogonov notes Septembre 1996 58 word pdf
1996 Sur l'Histoire au temps d'Eltsine Septembre 1996 58 word pdf
1996 Les tueurs sont aussi des menteurs Septembre 1996 58 word pdf
1996 Littérature et Histoire avec Stephen Koch Septembre 1996 58 word pdf
1997 Lettre à Carolina : lutte pour l 'Histoire, lutte pour la Révolution Juin 2001 74 word pdf
1998 Lettre ouverte à Monsieur Coquema, auteur d'un roman sur la IVe Internationale Mai 1998 62 word pdf
2000 Lettre au directeur d'Historia sur un article de M. Alexandre Adler (historien et éditorialiste) Juin 2000 70 word pdf
2000 Trotsky, soixante ans après Décembre 2000 72 word pdf
2001 Nous avons eu Prague au cœur Décembre 2001 76 word pdf
2001 Philippe Campinchi, Les lambertistes, un courant trotskyste français Juin 2001 74 word pdf
2001 Notes sur des éléments nouveaux de l'histoire de l'Internationale Communiste Septembre 2000 71 word pdf
2002 Exil et terre d 'asile Novembre 2002 78 word pdf
2002 Ouverture de la table ronde : recherches pionnières Décembre 2002 79 word pdf