Jean Rousselot (1913-2004)

 

Orphelin issu d'une famille ouvrière, Jean Rousselot doit se satisfaire de brèves études et gagner sa vie dès l'âge de 15 ans. Il entre dans l’administration préfectorale

En 1932 il fonde la revue Le Dernier Carré, comptant notamment Joë Bousquet, Michel Manoll, par qui il entrera en contact plus tard avec Jean Bouhier, René Guy Cadou et Lucien Becker.

Jean Rousselot rejoint les poètes de Rochefort-sur-Loire dès juin 1940, où cette « école buissonnière », comme la surnomme René Guy Cadou, qui est fondée en 1941, contribue parmi d’autres revues ou groupes, à la survie d’une poésie libre et sans complaisance envers Vichy et l’occupant. Jean Rousselot est du groupe dès le début, aux côtés de René Guy Cadou et de Jean Bouhier, auxquels viendront se joindre Michel Manoll, Marcel Béalu, Luc Bérimont, Roger Toulouse, Jean Jégoudez et bien d’autres.

En août 1944, Jean Rousselot participe aux combats pour la libération d’Orléans, et est nommé commissaire central par la Résistance, soit la responsabilité de cinq départements de la région. À la Libération, il est nommé à Paris en qualité de chef de cabinet du Directeur-adjoint de la Sûreté nationale. Il adhère au Comité national des écrivains.

En 1946, le poète prend une décision importante. Tout auréolé de son action de poète et de résistant (on lui décerne la médaille des Forces françaises libres, le titre de Chevalier de la Légion d’honneur et celui d’Officier de l’Ordre national du Mérite ; il sera, plus tard, nommé Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres), il démissionne de la Sûreté nationale et décide de vivre de sa plume. Jean Rousselot devient un infatigable défenseur de la poésie, des poètes, de la liberté, et l’un des plus grands critiques de sa génération.

Citoyen du monde, fidèle à ses engagements et à ses origines, Jean Rousselot se querelle en 1956 avec Louis Aragon et le Comité national des écrivains : il dénonce l’imposture, les crimes staliniens, et manifeste publiquement sa solidarité avec la Révolution hongroise de 1956. Il séjournait à Budapest, avec Tristan Tzara et son ami le grand poète hongrois Gyula Illyés, quelques jours avant l’éclatement de l’insurrection, le 23 octobre 1956.

Jean Rousselot décède dans sa quatre-vingt onzième année, le dimanche 23 mai 2004. Il est enterré le vendredi 28 mai au cimetière du Pecq.
Yvelinois d’adoption, le Poitevin Jean Rousselot vivait depuis 1955 à L'Étang-la-Ville. Il avait inauguré le 14 février 2002, à Guyancourt, la Maison de la poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines et, située juste à côté, la médiathèque qui porte son nom. Une rue de Poitiers porte également son nom.

 

Rousselot croqué par Grenier

 

(retour à l'index des oeuvres)

(retour à l'index des archives)

(Cliquer sur les liens hypertextes dans la colonne Titre)

Titre Auteur Sur auteur Thème Edition Année
 
Sur la mort de René Guy Cadou Rousselot, Jean Cadou, René Guy mort Flammes vives 1951
Lettre à René Guy Cadou Rousselot, Jean Cadou, René Guy Signes du Temps 1951
René Guy Cadou n'est plus Rousselot, Jean Cadou, René Guy mort La France Asie 1951
René Guy Cadou et l'Ecole de Rochefort Rousselot, Jean Cadou, René Guy rochefort Marginales 1956
Témoignage de Jean Rousselot Rousselot, Jean Cadou, René Guy Promesse 1961
Un grand poète de la vie et de l'amour Cadou Rousselot, Jean Cadou, René Guy amour Les Lettres Françaises Liberté N°74 1971
René Guy Cadou poète de l'amour Rousselot, Jean Cadou, René Guy amour Le Coopérateur (Ed. Charentes) 1971
René Guy Cadou, poète du partage Rousselot, Jean Cadou, René Guy amitié Les Nouvelles littéraires 1971
Entretien avec Jean Rousselot (propos recueillis par Luc Vidal et Alain Desmars) Rousselot, Jean Rousselot, Jean Signes (4) (ref) 1984
Sang, ce mot irrigue toute la poésie de Jean Rousselot Gueno, Jean-Noël Rousselot, Jean Signes (4) (ref) 1984